MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (6)

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (6)

Message par Admin le Mer 16 Juil - 13:30

robertbibeau@hotmail.com[url=robertbibeau@hotmail.com]robertbibeau@hotmail.com[/url]

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-6/

Nous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

1) D’abord, nous avons traité des questions du sectarisme-entrisme-dogmatisme cette maladie sénile du gauchisme. Paru ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/

2) En prolongement du sujet précédent – nous avons abordé la question de l’unité du mouvement ouvrier. Paru ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-4/

3) Nous présentons aujourd’hui les instances de la lutte de classe : l’instance économique (le fondement), l’instance politique (décisive) et l’instance idéologique (préalable). http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-5/

4) À l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre nous présenterons nos réflexions.

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CH 3 : LES TROIS INSTANCES DE LA LUTTE DE CLASSE (suite-2)

Lutte de classe dans l’instance politique

Abordons le deuxième niveau de la lutte de classe – l’instance politique – là où tout se complique mais là où tout s’explique. Nous l’avons décrit, la classe ouvrière mène spontanément – instinctivement – la lutte de classe sur le front économique, notamment la lutte gréviste. Ne serait-ce que parce que l’État attaque les régimes de retraite; laisse augmenter les prix des biens de première nécessité, ainsi que le prix des services étatiques. L’État réduit les services destinés à la reproduction de la force de travail (santé, éducation, transport, culture, sport, loisir), alors que les patrons tiennent les salaires sévèrement verrouillés. Bref, les ouvriers mènent spontanément la lutte de classe sur le front économique.

Le salaire minimum (SMIC) est maintenu par l’État à un niveau si bas que certains ouvriers sont menacés de crever au travail, comme des condamnés, tandis que d’autres cumulent deux ou trois emplois précaires, à temps partiel et mal payé. Sans compter les cadences de travail en usines et sur les chantiers qui mettent la vie des salariés en danger. Toutes ces conditions objectives créent des situations de résistance spontanée de la part de la classe ouvrière malgré la collaboration de classe affichée par les appareils bureaucratiques syndiqués.

Nonobstant ceci, les militants ne doivent jamais oublier que la mission historique du Parti Ouvrier est beaucoup plus stratégique que de diriger des grèves ou de s’impliquer dans les luttes spontanées des ouvriers. La mission des organisations de masse du Parti politique de la classe est de publiciser ces combats et de les canaliser vers l'éclatement insurrectionnel en posant la question de la conquête de l’appareil d’État. Puis le contrôle des leviers de l’économie publique et privé via les Soviets ouvriers (conseils ouvriers). Contrôle et gestion du pouvoir non pas par un parti des «masses populaires» mais par les Soviets eux-mêmes, en concertation avec le parti de la classe ouvrière formé de révolutionnaires aguerris.

Tout un conglomérat de pseudos partis socialistes, sociaux-démocrates-solidaires, communistes-révisionnistes ancienne manière «Khrouchtchévienne» et nouvelle façon (maoïste); d’organisations de la pseudo «gauche» frontiste mènent des campagnes de «solidarité» en faveur d’un groupe de grévistes ou d’un autre appelant à la compassion alors que ces organisations de la go-gauche devraient plutôt appeler à la révolte pour éradiquer la classe exploiteuse toute entière, s’emparer de tout le pouvoir d’État et imposer la dictature du prolétariat. L’émancipation de la classe ouvrière sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même et non pas de missionnaires «solidaires» opportunistes. Mais pour ce faire les conditions objectives de l’insurrection doivent être réunies et ni le parti, ni ses organisations de masse, ni les syndicats, ne décident de l’accumulation et de la maturation de ces conditions spontanées.

L’État et les médias à la solde de la classe bourgeoise prennent d’infinies précautions pour isoler ces luttes, sur le front économique, de celles qui se mènent dans l’instance politique. L’attitude des médias et des politiciens bourgeois est particulièrement pernicieuse en ce qui concerne les combats que mènent les travailleurs de la fonction publique. En économie impérialiste moderne l’État bourgeois a un rôle très important à jouer dans le processus de reproduction du capital financier. Entre autre, l’État doit développer de nombreux services afin d’assurer la reproduction élargie de la force de travail (reproduire – former – soigner – encadrer – réprimer) des salariés.

Cette fonction cruciale amène l’État à engager et à payer des milliers et même, comme aux États-Unis, des millions d’employés pour assurer cette immense intendance. L’État bourgeois – l’émanation politique de la classe capitaliste – se retrouve donc sur la sellette pendant ces périodes de négociations, jouant à la fois le rôle de l’État employeur-exploiteur, de l’État législateur, de l’État répressif, de l’État payeur-emprunteur-taxeur ayant le rôle d’enrégimenter tous ces travailleurs pour leur faire donner le labeur maximum pour le salaire minimum socialement acceptable.

Étant donné l’importance numérique et le rôle capital que joue cette multitude de travailleurs du secteur public et parapublic, dans le développement économique et la reproduction élargie du capital financier, la classe capitaliste attache une grande attention à encadrer ces millions de salariés; à négocier leurs conditions de travail et leur salaire; à pervertir leur dirigeants syndicaux; finalement, à placer tous ces travailleurs en concurrence nationale et internationale. C’est la raison des négociations sur la «libéralisation» du commerce des services qui ont cours à Genève, depuis deux ans, afin de conclure un accord international global (ACS) tel que dévoilé par Wikileaks (Secret Trade in Services Agreement – TISA). (1)

C’est la tâche des organisations de masse du Parti ouvrier de dévoiler ces tractations nationales et internationales à l’encontre des intérêts de la classe ouvrière, d’en expliquer les intentions, d’en subsumer les manifestations afin de stimuler la résistance de chaque centre «national» de lutte, de concert avec les autres – d’un État-nation à un autre, indépendamment des frontières nationales imposées par la classe capitaliste. Voilà l’exacte compréhension du concept de «solidarité» ouvrière internationaliste.

Dans cette lutte de classe entre l’État national bourgeois (et même transnational dans le cas de l’Union européenne ou de l’ONU par exemple) et ses milliers de salariés, il n’y a plus d’écran de fumée – il n’y a plus aucun paravent. Pendant ces périodes d’échauffourées l’État des riches est exposé impudique devant ses employés. Les prévarications et les prébendes que l’appareil politique bourgeois a ordonné; les intérêts sur prêts qu’il a accordé aux rentiers richement rétribués; les parachutes dorés qu’il a concédé à ses cadres et à ses thuriféraires; le refus d’augmenter les salariés et les compressions budgétaires qui a imposé à ses employés et aux bénéficiaires, tout est exposé sur la table de négociation publique et l’État des riches doit trouver le moyen de maintenir l’illusion qu’il est l’État des citoyens et des citoyennes, au-dessus des partis et des classes sociales quant à l’évidence il défend les intérêts des capitalistes car il est l’État pour les riches. Les luttes syndicales contre l’État policier offrent une occasion incroyable d’exposer l’obséquiosité de l’État policier et la complicité des appareils syndicaux dans cette marchandisation des salariés.

À l’encontre de la panoplie d’organisations gauchistes, la mission des organisations de masse du Parti Ouvrier sera ici de démontrer l’intime relation systémique qui existe entre ces luttes dans l’instance économique et celles menées dans l’instance politique de la lutte de classe, et le rôle dirigeant de la classe ouvrière dans cette résistance devant être menée jusqu’à l’insurrection si la classe le veut bien. Le Parti Ouvrier diffusera le mot d’ordre de résister à l’État policier dans chaque pays et internationalement, non as pour réformer l’État capitaliste mais pour l’éradiquer.

L’État est présenté par la communauté citoyenne des gauchistes comme au-dessus des classes sociales – comme impartial, ou alors comme inopinément compromis et corrompus, gauchis de sa mission historique d’équité et de justice. Pour les gauches multiples les parlements et les gouvernements doivent être conquis par la force des urnes et la puissance des bulletins de vote, en faveur de ces redresseurs de torts de la gauche multicolore, qui militent pour maintenir l’État providence et rétablir sa politique d’aumône, ce qui, nous le savons, est devenue impossible. La conjoncture économique de crise systémique ne permet plus cette «générosité» de l’État policier.

Évidemment, toutes ces litanies fumistes et utopistes sont fortement appréciées par les médias enrégimentés qui reprennent les slogans de ces gauchistes qui pour une université – qui pour un hôpital au service de la classe ouvrière et contre la gentrification des quartiers urbains. L’objectif de toutes ces demandes de réformes étant de briser l’unité entre les salariés de la fonction publique et ceux du secteur privé surtaxés et qui seront présentés comme ceux qui auront à payer ces «folles» revendications des excités de la gauche. Ces gauchistes agités feront ensuite paraître les compromis des bureaucrates syndicaux acceptables par la mystérieuse «opinion» publique.

Récemment, dans une assemblé populiste une militante d’ONG subventionnée arborait fièrement sa revendication d’un revenu minimum garanti de 23 000 $ annuel après impôt pour les assistés sociaux, oubliant que les 600 000 travailleurs québécois peinant sous le salaire minimum (10.35$/h.) gagnent à peine 362$ pour 35 heures de travail par semaine, soit 18 837.$ annuellement, avant impôt. Voilà la recette parfaite pour diviser les salariés par groupes d’intérêts et par secteur d’activité.

Les organisations de masse du Parti Ouvrier doivent politiquement contrer ces billevesées et présenter les mots d’ordre unificateurs qui ne permettront pas à l’État des riches de diviser les travailleurs en résistance sur le front économique afin de porter cette unité vers le front politique pour la conquête du pouvoir d’État, ultime objectif de la lutte de la classe ouvrière.

Sur le front politique de la lutte de classe l’important pour la classe bourgeoise est que jamais le prolétariat ne se trouve organiser, structurer et conscient de ses intérêts particuliers (ce qui n’est nullement corporatiste), et que jamais le prolétariat ne soit dirigé vers la conquête du pouvoir d’État, condition indispensable à son hégémonie de classe pour l’édification du mode de production socialiste. Cette mission délicate et complexe d’endiguement et de liquidation de la lutte est dévolue aux syndicats bourgeois et aux organisations de la «go-gauche» plurielle et populiste, des masses citoyennes.

Un parti politique quel qu’il soit, et malgré ses prétentions universelles, n’est jamais que le parti qui défend les intérêts d’une classe ou d’un segment de classe. Le parti de classe du prolétariat ne fait pas exception à la règle. Il n’est pas et ne peut pas être le parti du peuple tout entier, ou le parti des «masses populaires et citoyennes» comme aime à ergoter les anarchistes, les anarcho-syndicalistes, les éco-socialistes, et toutes les organisations frontistes et populistes. Au contraire, le Parti Ouvrier est celui de l’avant-garde révolutionnaire. C’est le parti qui milite et œuvre dans l’intérêt du peuple car l’intérêt du peuple concorde avec celui de la classe ouvrière maîtresse de son Parti Ouvrier Révolutionnaire.


À LIRE EN COMPLÉMENT : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520


(1) https://wikileaks.org/tisa-financial/
et aussi http://www.fr.lapluma.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1975:2014-07-06-13-23-57&catid=94:monde&Itemid=427


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