MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (3)

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (3)

Message par Admin le Mer 25 Juin - 13:33




robertbibeau@hotmail.com

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-3/

Nous poursuivons la publication d’une série de neuf (9) articles portant spécifiquement sur quatre questions fondamentales pour le mouvement ouvrier mondial :

1. D’abord, la question du sectarisme, maladie sénile du gauchisme. Paru ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-1/ et ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/manifeste-du-parti-ouvrier-2/
2. ensuite, en prolongement du sujet précédent – nous aborderons la question de l’unité des forces de la gauche ouvrière.
3. Nous présenterons ensuite les trois instances de la lutte de la classe ouvrière : l’instance économique, politique et idéologique.
4. Enfin, à l’approche du 97e anniversaire de la Révolution d’octobre, nous partagerons cinq leçons de cette révolution prolétarienne.

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CH 1 : LE SECTARISME MALADIE SÉNILE DU GAUCHISME (suite et fin, 3)

Contre le dogmatisme

Une mauvaise nouvelle ne vient jamais seule. Le sectarisme fait bon ménage avec le dogmatisme dont il est une composante implicite. Le dogmatisme est le compagnon de route du sectarisme et du gauchisme sénile. Le corpus théorique communiste – le matérialisme historique et dialectique – la méthode marxiste et la méthode léniniste sont des guides pour l’action prolétarienne, tant dans l’instance de la lutte économique, que politique et idéologique.

Selon le dictionnaire, le dogmatisme est la propension à donner à ses opinions et à ses raisonnements un caractère affirmatif, impérieux, péremptoire et rigide n'admettant aucun déni, aucune contrepartie. Pour nous, marxiste, le dogmatisme est autre chose. Le dogmatisme c’est la sclérose de la pensée, l’interdiction d’évoluer et d’actualiser les études théoriques élaborées par les classiques, toujours valables, mais demandant parfois une mise à jour. Nous sommes venus à cette conclusion après avoir bien observé la société contemporaine et nous n’y avons rien trouvé de fondamentalement différent, dans les grands principes économiques, politiques et idéologiques, que ce que les classiques ont décrit il y a cent ans et même avant. L’apparition des technologies de l’information a facilité et accéléré les échanges financiers, mais ils n’ont pas altéré la nature inflationniste des processus spéculatifs. Ces changements quantitatifs et normatifs n’ont pas entraîné de changements qualitatifs, des changements dans la nature des choses.

Une manifestation fréquente du dogmatisme consiste à utiliser l’extrait d’un texte classique d’une égérie marxiste, tiré d’un capharnaüm et visant à clore le débat et à ensevelir les arguments de l’adversaire sous une pierre tombale bancale. Citation n'est pas démonstration et si la citation, sortie de son contexte, prouve quelque chose, c’est souvent l’ignorance et le manque d’arguments scientifiques du transcripteur.

Ainsi, faut-il introduire des termes comme impérialisme moderne et spéculation boursière, fraudes et paradis fiscaux, inflation, dépression, monnaie de singe (monkey money) et pyramide de Ponzi, dans l’économie politique marxiste alors que Marx n’a peut-être jamais utilisé l’un ou l’autre de ces termes ? Nous pensons que ces concepts, parfois nouveaux, et qui décrivent correctement des phénomènes économiques récurrents doivent être intégrés à l’économie politique scientifique marxiste. Faire autrement serait dogmatique (1).

Les cercles d’études marxistes

Nombre de militants prétendent qu’il faut aujourd’hui se remettre à l’étude des classiques marxistes et en débattre en cellule d’usine, en unité de travail ou en comité de quartier. Cet exercice est gros du danger de dogmatisme pédant et ronflant. Étudier des extraits des classiques en dehors de tout contexte de lutte de résistance militante et d’une problématique de lutte concrète et immédiate risque de mener droit à l’intellectualisme bourgeois. Marx expliquait que le temps n’était plus à étudier le monde, mais à le transformer, en l’étudiant bien entendu, mais pour le comprendre et le changer.

Il est absolument nécessaire que ceux qui entreprennent la lecture de textes des classiques le fassent dans un contexte de luttes présentes et actualisées et que la lecture amène l’écriture de textes contemporains sur les problématiques présentes. Tout militant doit se commettre et se compromettre sur le front de la propagande partisane. Au Canada, un Centre Internationaliste d’études marxiste interdit à ses conférenciers de présenter de nouvelles idées et de nouveaux textes marxistes, exigeant que le célébrant psalmodie les textes classiques hors contexte. Le résultat en est que les thuriféraires qui se soumettent à cet exercice dogmatique connaissent peu ou prou la science marxiste et présentent des travaux ampoulés – pompeux – et creux, sans intérêt pour faire avancer la lutte de classe présente et pour transformer le monde. Pire, nous avons observé que ceux qui se contentent de réciter les textes de l’anthologie marxiste, sans en appliquer les principes et les concepts à l’actualité, comprennent peu ou prou ces abrégés tirés des anthologies.

Au Canada, depuis quelques années, un débat fait rage à propos de la question nationale québécoise et amérindienne. Le prolétariat doit-il soutenir le combat pour le droit de la nation québécoise à disposer d’elle-même jusqu’à y incluant la sécession ? D’une certaine façon ce débat nationaliste chauvin au Québec repose la question des luttes de libération nationale dans les pays du tiers-monde (2).

En société bourgeoise, c’est la bourgeoisie qui détermine sur quel terrain elle attaquera le prolétariat et un militant de l’opposition de gauche n’a pas la possibilité de s’éclipser. Si les ouvriers sont interpellés sur ces questions chauvines, xénophobes et nationalistes réactionnaires, nous nous devons de riposter sur ce terrain de lutte. Toute autre attitude serait sectaire. Le courant de la gauche ne peut s’échapper de cet épineux problème tout comme il ne peut esquiver cette question sous un catalogue de citations des classiques marxistes. Si la bourgeoisie après un siècle de mystification, continue à plastronner à propos des luttes de libération nationale bourgeoise et à les confondre avec la lutte pour l’émancipation du prolétariat mondial c’est qu’elle perçoit qu’il y a là un terrain de confusion pour notre classe et notre devoir de militant est de l’y confronter et de battre la bourgeoisie et ses contingents gauchistes séniles sur ce terrain théorique spécifique.

Voilà un exemple ou le dogmatisme guette l’exégète. La lecture des classiques est fort utile, mais se révèle insuffisante. La plupart des textes classiques sur les luttes de libération nationale bourgeoise datent d’avant 1950, l’époque du vaste mouvement de la pseudo émancipation des nations colonisées, passant les unes après les autres du statut de colonie au statut de néo-colonie, parfois même au statut de pays capitaliste émergent sous le mode de production impérialiste hégémonique. Dans les pays du Sud notamment, la fraction des capitalistes compradores coloniale a été partout délogée du pouvoir pour être remplacée par une faction bourgeoise nationale sous la botte des puissances impérialistes anciennes ou nouvelles. En Afrique du Sud, le prolétariat en fut quitte pour retourner croupir dans les puits de mine, et en 2012, après s’être rendu compte de la supercherie de la «décolonisation bourgeoise post apartheid», les mineurs entrèrent en grève illégale et 75 ouvriers furent assassinés par les soldats à la solde des Afrikaners et de leurs alliés capitalistes noirs de l’ANC.

Plus d’une centaine de nouveaux pays sont apparus, issus des luttes de libération nationale chauvines, souvent au prix d’immenses sacrifices ouvriers (Corée, Vietnam, Algérie, Congo, Albanie, etc.) et pourtant, pas un seul de ces pays capitalistes néo-colonisés n’est devenu un pays ouvrier socialiste.

Nul analyste classique n’a bénéficié de cette immense expérience accumulée pendant cette soi-disant «Ère de la décolonisation tiers-mondiste des non-alignés» des soixante dernières années (1950 – 2010). La lecture des classiques ne suffit pas, et il serait dogmatique de prétendre le contraire. L’Échec complet et systématique des dizaines de mouvements de libération nationalistes bourgeois dans autant de pays néo-colonisés, jusqu’à la débandade totale de la lutte de «Libération nationale bourgeoise» du peuple palestinien, embourbé dans une guerre fratricide entre bandes rivales et par de pseudo et ridicules négociations de «paix» (sic) étriquées qui n’intéressent que les personnalités alignées pour la curée. Pendant 66 ans les ouvriers palestiniens emmurés n’auront connu que la misère, l’oppression, l’exploitation, la spoliation et l’occupation coloniale et on leur propose aujourd’hui l’occupation néocoloniale avec des garde-chiourmes choisis parmi l’écurie des accrédités par les colonisateurs impérialistes dont les sionistes israéliens.

L’anti-dogmatisme consiste à introduire les militants à l’étude d’événements récents pour les amener à réfléchir, à l’aide de textes classiques notamment, sur les causes de ces échecs répétés et la façon d’y remédier dans l'intérêt de notre classe ouvrière révolutionnaire.

Pour qui renie le sectarisme et le dogmatisme, l’histoire enseigne qu’aucune lutte de Libération d’une nation n’a donné autre chose que la «libération» de la bourgeoisie nationale et le changement de la garde et n’a jamais assuré l’émancipation du prolétariat ni l’édification du socialisme. L’émancipation de la classe ouvrière internationale sera l’œuvre de la classe ouvrière elle-même et surtout pas l’œuvre de la bourgeoisie nationale chauvine, xénophobe, raciste et spoliatrice.

Chacun peut le constater dans les pays européens où certaines factions des bourgeoisies nationales en voie de paupérisation tentent de mobiliser la classe ouvrière pour qu’elle prenne parti en faveur de leur fraction nationaliste contre les plus grands oligopoles menant ramage à l’international. Le chômage et la peine sous Marine Le Pen, ou encore le chômage et la peine sous les grands monopoles internationaux, quelle différence pour l’ouvrier spolié et endetté ?

Les larbins de la gauche bourgeoise l’admettent et le constatent : «Un peu partout dans le monde, des oligarchies de toutes sortes monopolisent le pouvoir politique, la plupart du temps en manipulant les exercices électoraux. Le droit de vote devient une mauvaise joke devant le fait que c’est le 1 % qui contrôle tout. La caricature étant la «démocratie» aux États-Unis, une foire d’empoigne des millionnaires eux-mêmes marionnettes des milliardaires».

Cet amer constat n’empêche pas les sectes opportunistes-réformistes de construire des châteaux en Espagne pour les travailleurs désemparés pour le jour où le grand capital (ce qu’ils appellent le 1%) leur prêtera le pouvoir politique, que les riches monopolisent, admet le manant, en cachant pourtant que ce pouvoir repose sur un pouvoir économique immensément plus grand, dont il est le fondement, et celui-là inutile d’y penser, il faudra le leur arracher - le leur exproprier. Le sectarisme dogmatique consiste à refuser le débat avec ceux qui refusent l’ode à la démocratie bidon où les ouvriers pauvres ne seront jamais que la chair à canon et les pions pour les guichets de votation. Dire le contraire serait sectaire (3).

À SUIVRE…

VIENT DE PARAÎTRE
MANIFESTE DU PARTI OUVRIER
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