LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ – ÉQUITÉ FISCALE – STOP À L’AUSTÉRITÉ, DOIT-ON ESPÉRER DES AVANCÉES ?

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LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ – ÉQUITÉ FISCALE – STOP À L’AUSTÉRITÉ, DOIT-ON ESPÉRER DES AVANCÉES ?

Message par Admin le Mer 11 Fév - 18:38


Bibeau.robert@videotron.ca


PREMIÈRE PARTIE : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-a-la-pauvrete-lequite-fiscale-doit-on-esperer-des-avancees/
DEUXIÈME PARTIE : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lutte-a-la-pauvrete-equite-fiscale-stop-a-lausterite-doit-on-esperer-des-avancees-partie-2/

De l’État providence à l’État policier, les deux visages de Janus

En plein milieu de la crise économique capitaliste, la gauche réformiste ne veut pas admettre que la courte période historique de « prospérité » relative, la période de « l’État providence » est terminée et que la période de « l’État policier » et de l’austérité, de la liquidation des concessions consenties par la bourgeoisie est commencée.

Que l’on identifie l’État bourgeois selon une appellation ou selon une autre, d’après l’accent que lui donne la classe dominante, il s’agit toujours de la même superstructure du mode de production capitaliste, État-major politique de la classe capitaliste hégémonique.

Différentes tactiques sont présentées par la gauche bourgeoise pour arracher l’argent factice des mains des riches et pour le distribuer aux pauvres comme de hausser le salaire minimum (SMIC); augmenter les prestations d’assistance sociale et d’assurance chômage; réduire les tarifs des services publics; construire des logements à loyer modique; implanter un programme universel de Revenu minimum garanti (RMG) que nous allons étudier spécifiquement dans les pages qui suivent. Pour financer ces programmes les bobos et la go-gauche suggèrent de hausser les impôts des riches et d’enrayer l’évasion fiscale des multinationales. Évidemment, ces « solutions » bidon ne seront jamais appliquées et si elles l’étaient, elles entraîneraient davantage de chômage et de misère populaire, la hausse des prix et l’inflation, des hausses de taxes et le surendettement de l’État bourgeois, jusqu’à la dévaluation drastique de la monnaie et la dépression économique. Il est aussi vrai que de faire le contraire entraînerait le même désastre économique. C’est ce que nous allons démontrer.

Un analyste s’étonne que les mesures d’austérités annoncées par les différents gouvernements du Québec, du Canada et des pays d’Occident ne fassent pas diminuer les dépenses étatiques. L’auteur se désole : « Quelle austérité ? Parce que les réductions de dépenses proposées par le gouvernement, mises en perspective, sont loin d’être aussi catastrophique que ça. En réalité, ce sont des peanuts » et l’analyste de poursuivre : « Le gouvernement dépense comme un matelot en permission depuis les années 60. On a institué des tonnes de programmes sans vraiment se demander s’ils étaient efficaces et justifiés ». L’auteur conclu que « Carlos Leitao (ministre des Finances du Québec), annonce la formation de deux commissions qui auront pour but de déterminer quelles dépenses peuvent être coupées et comment réformer la fiscalité » (1).

Cet analyste pense, comme bien des gens, que l’État (celui du Québec, du Canada, des États-Unis, de France, etc.) est dirigé par le gouvernement du peuple, élu par le peuple et pour le peuple (sic). Que cet État, au-dessus des luttes de classe et des contingences économiques capitalistes, peut faire ce qu’il désire à condition d’en avoir le courage et la vision grand-angle et le songe prémonitoire. Aucun État, nulle part dans le monde, ne correspond à cette fricassée de propagande que l’on enseigne dans les universités, dans les écoles et sur les parvis des églises et des mosquées.

L’État dans toute société de classes est l’État-major politique – le lieu de gouvernance de la classe dominante. C’est le Conseil d’administration des patrons – des milliardaires et des entreprises privées – et cet État est assujetti aux lois économiques générales dont il ne peut disconvenir sous peine de faillir; qu’il ne peut transgresser sans crainte de s’effondrer.

Tous auront remarqué que le système économique mondial subit les contrecoups des crises systémiques globalisées et mondialisées. L’État du Québec (8 millions d’individus) ne fait pas exception. La crise mondiale ne trouve pas son origine à Québec ni sur la rue Saint-Jacques à Montréal où il se brasse trop peu d’affaires pour modifier la santé économique de la Terre. Depuis Robert Bourassa (1985), chaque gouvernement québécois a annoncé qu’il mènerait des études, des révisions de programmes, des analyses fiscales, des commissions d’enquête (dont la commission de la libérale Forget) pour étudier les coupures à opérer, les programmes à abolir, le dégraissement des dépenses étatiques à effectuer et les taxes et les impôts à augmenter (traduction libre de l’expression candide : « réformer la fiscalité »). Tous les pays capitalistes du monde font les mêmes investigations et aboutissent aux mêmes conclusions.

Le résultat est connu – péquistes ou libéraux – les dépenses gouvernementales ne cessent de croître – lentement mais sûrement ! Pourquoi le grand capital a-t-il tant de difficulté à disloquer « l’État providence » des années soixante et à imposer la dictature et l’austérité de « l’État policier » ?

C’est que dans les pays développés comme le Canada, la France, le Royaume-Uni, L’Allemagne, les États-Unis, l’État fournit presque la moitié du très modeste revenu d’un prolétaire ordinaire et davantage pour un sous-prolétaire. Idem pour un petit bourgeois paupérisé. Sans mot dire, dans l’ensemble des sociétés impérialistes nous assistons à la transformation de l’État libéral bourgeois en État impérialiste corporatiste que nous prénommons « l’État policier ». On constate ce processus par l’accélération de la tendance à la prise en charge par l’État de l’entretien et de la reproduction de la force de travail. L’État impérialiste assure une part grandissante du revenu des ouvriers, via les prestations de revenus indirects et même par le salaire direct (l’État étant le plus grand employeur dans tous ces pays), tout en grugeant ces revenus essaimés tant par la dégradation des prestations sociales, la réduction des services de santé et d’éducation, qu’en augmentant les impôts et les taxes et en laissant l’inflation grugée le pouvoir d’achat des salariés.

Il n’y a aucun désengagement « néo-libéral » de l’État impérial

On est loin du soi-disant désengagement de l’État « néo-libéral » (sic) dont les gauches de toutes obédiences s’épouvantent. C’est tout le contraire. En 2008, on a vu l’ampleur de l’engagement de l’État des riches en ce qui concerne le sauvetage des banques et des institutions du secteur financier. On le voit maintenant dans la restructuration des rapports de production et dans la prise en charge d’une part croissante de la mission de reproduction de la force de travail.

Si demain l’État des riches, au Québec, au Canada, en France ou aux États-Unis coupait ses dépenses de 50 %, ce sont des dizaines et des centaines de milliers d’emplois qui seraient détruits, des centaines de milliers de travailleurs consommateurs qui n’auraient plus un sou pour acheter-consommer, et des milliers d’emplois qui seraient ensuite abolis dans les magasins et dans les usines (frappant directement le captal monopoliste productif). Des centaines de milliers de propriétaires hypothéqués qui rendraient les clés de leurs propriétés et des dizaines de banques qui feraient faillite croulantes sous les créances impayées. Cette catastrophe économique entraînerait l’effondrement des revenus (taxes et impôts) des États bien au-delà de la baisse de la moitié des dépenses planifiées, ce qui signifierait que même dégraissé de la moitié de ses dépenses, le budget de l’État entraînerait tout de même un déficit budgétaire étatique.

Ça s’appelle une contradiction

Il suffit de visiter la Grèce où de telles coupes budgétaires ont été appliquées pour comprendre que de jeter 50 % de la population d’un pays dans l’indigence ne constitue pas une solution à la crise économique et étatique capitaliste. Pas davantage que de faire tourner la planche à billets et d’ouvrir le crédit illimité, d’augmenter le SMIC et d’implanter un revenu minimum garanti ne constitue une alternative pour la croissance économique (!)

Nous convenons aisément que de poursuivre les programmes de dépense gouvernementale tels que nous les connaissons présentement ne pourra mener qu’à l’effondrement économique et étatique. La politique inverse donnerait les mêmes effets. Bref, présentement, tous les États capitalistes achètent du temps – un sursis – avec leurs politiques de ralentissement des dépenses de programmes et leurs endettements. Mais ils ne peuvent faire autrement, car si les ouvriers grecs n’ont pas encore détruit l’État bourgeois, et que la petite bourgeoisie gauchisante s’engage dans la supercherie Syriza, ou Podemos, rien ne certifie que si tous les prolétaires d’Europe et d’Amérique étaient soumis aux fourches caudines de l’oligarchie financière – il ne se produirait pas un grand soulèvement intercontinental qui pourrait être le début de la solution à la crise systémique du capitalisme.

Le «contrat social» en société capitaliste

Le contrat social capitaliste a été rompu – l’ouvrier est disponible et disposé à travailler et à se laisser exproprier sa plus-value; le capitaliste est disponible et disposé à investir son capital pour le valoriser, le reproduire et l’accumuler, mais les occasions d’affaires profitables sont inexistantes. Le capital est disponible, mais il ne trouve pas à se valoriser et à produire de la plus-value ce qui constitue sa raison d’être et son déclin assuré. Les rapports de production capitalistes entravent le développement des forces productives et la valorisation du capital. Le système capitaliste et l’État capitaliste ont failli et doivent être remplacés par un nouveau mode de production planifié. Aucun parti politique bourgeois (y inclut Syriza ou Podemos) ne propose cette alternative aux ouvriers. Le prolétariat devra donc reconstruire ses organisations de classe révolutionnaire s’il souhaite aspirer à l’hégémonie et construire le socialisme sous la dictature du prolétariat.

L’impossible austérité exigée

Quelques économistes aussi « progressistes » que le nobélisé Joseph Stiglitz ex-conseiller du Président américain Bill Clinton, et l’altruiste Thomas Piketty, à la remorque du millionnaire John Maynard Keynes, le parti Syriza en Grèce et le Podemos en Espagne, attestent tous qu’il en va de la survie du capitalisme et qu’il faut augmenter les revenus des salariés pour relancer la consommation (2). On en vient à ne plus comprendre. L’économie impérialiste s’écroule, les thuriféraires universitaires, les Nobels d’affaires et les partis de « gauche » (sic) ont trouvé la solution (augmenter les revenus des consommateurs afin de relancer la demande, ce qui ferait redémarrer l’offre) et les magnats de la finance, les capitaines d’industrie, leurs larbins politiciens n’écoutent rien et refusent d’appliquer le remède qui pourrait sauver tous leurs biens. Comment expliquer une telle contradiction entre la raison et les centres de décision ? C’est que la « solution » des sommités de l’économie est bidon et les pontifes de l’économie politique capitaliste ronronnent pendant que la gauche bourgeoise s’époumone. C’est que l’argent que la gauche bourgeoise voudrait taxer n’existe que sur papier et bien souvent elle ne représente aucune valeur d’usage ni aucune valeur d’échange (aucune marchandise). La preuve en est qu’au prochain krach boursier ces « richesses » sur papier vont s’évaporer comme elles sont venues, dans les vapeurs délétères et la fumée de narguilé.

Qui s’assemble se ressemble

Traitons maintenant de deux incongruités difficiles à expliquer. L’appareil syndical du Conseil du Travail du Canada et de la Confédération des Syndicats Nationaux, le parti social-démocrate Québec Solidaire, le Nouveau Parti Démocratique du Canada, son vis-à-vis fédéral, et différentes sectes opportunistes de la gauche réformiste comprenant plusieurs scribouilleurs de service, font cohues avec le Conference Board of Canada et la Chambre de Commerce du Québec. Tous ces baladins conviennent avec l’ONG - OXFAM que la richesse est mal distribuée dans nos sociétés et toutes ces institutions souhaitent une taxation plus équilibrée, la lutte à l’évasion fiscale et l’établissement d’un programme de revenu minimum garanti (RMG). La gauche et la droite enfin réunies sous le parvis de l’Assemblée nationale des députés et des représentants au parlement.

L’iniquité des revenus et l’injustice du fisc

Nous allons lever le voile sur ces chimères « répartitaires ». Confrontés à la crise systémique du mode de production capitaliste les multiples courants politiques, de la droite comme de la gauche bourgeoise, sont unanime et clament qu’un Nouveau Monde capitaliste est à inventer (sic). Réformer le vieux capitalisme moribond est le fonds de commerce de la gauche pudibonde. À l’exemple de Warren Buffet le multimilliardaire, ces thuriféraires réclament une plus juste répartition des revenus, et trouvent indécent que les un pour cent accaparent 50 % du patrimoine mondial, alors que les 99 % restants se partagent le 50 % résiduel. OXFAM prédit qu’en 2016 « [la] part du patrimoine mondial détenu par les 1 % les plus riches dépassera les 50 pour cent. Présentement, 80 personnes possèdent autant de richesses que 3,5 milliards de personnes. Quelques milliards d’individus subsistent dans une immense pauvreté, sans eau potable, et avec moins de 2 dollars par jour pour se nourrir et se vêtir. La fortune des 3 multimilliardaires les plus riches équivaut au PIB des 48 pays les plus pauvres. Il y a sur Terre, 10 millions de millionnaires dont la fortune globale s’élève à 40 700 milliards de dollars. On estime que 10 % les habitants de la planète concentrent 87 % de la richesse. Dans le monde, le marché des stupéfiants est estimé à 500 milliards de dollars. Celui de la publicité est à peu près équivalent. Ce sont autant de dépenses improductives, gourmandes en profits non valorisés » (3).

Le paradoxe capitaliste

Comment de telles calamités peuvent-elles se produire alors que tant d’opposants et de représentants semblent réclamer l’arrêt du gaspillage, la fin de l’évasion fiscale et la cessation des injustices sociales? Aucun de ces prétendants à un divan au parlement ne résoudra cette énigme, car nul ne connaît l’origine de cette contradiction qui fait que l’accumulation des richesses, ce qui est inhérent au système économique capitaliste, entraîne l’incapacité d’une plus grande profitabilité du capital et donc l’impossibilité de sa distribution équitable. Quiconque résoudrait ce paradoxe, sauverait le mode de production capitaliste et de ce fait l’hégémonie des riches sur le fric.

Examinons quelques données complémentaires aux litanies chiffrées que nous ont assénées les plumitifs journalistiques. L’économie financière (flux en dollars) est 30 fois supérieure à l’économie réelle (PIB mondial). Le PIB mondial est d’environ 75 000 milliards de dollars. Le montant des transactions financières est quant à lui d’un million de milliards de $; de ce montant seul 3 % correspondraient à des biens et des services tangibles et réels (des valeurs d’usage et des valeurs d’échange), le reste de ce capital – crédit – en circulation serait le fruit des opérations de spéculation (4). La Banque des Règlements Internationaux (BRI) révèle dans un rapport de 2013 que « Les transactions sur le marché des changes ont augmenté continuellement, de plus d'un tiers, durant les trois dernières années, pour atteindre finalement cette année 4 000 milliards d'euros journaliers, soit 5 300 milliards de dollars. Ce rapport sur trois ans (2010-2013) donne la raison de cette expansion du marché des changes : la puissance montante des fonds spéculatifs et des autres intervenants non bancaire. De plus, force est de constater que Londres a affirmé sur les 3 dernières années sa mainmise sur le sujet. Enfin, le rapport de la BRI indique, sans grande surprise, que le dollar reste la monnaie la plus utilisée dans le marché des changes [soit 87 % de la valeur des échanges].Ce qui n'est pas le cas de l'euro en revanche. Sa part dans l'univers des changes est tombée au plus bas cette année, depuis son lancement en 1999. La faute à la crise économique qui secoue la zone euro depuis 2010 » (5).

En simplifiant, ces données signifient qu’un grand pourcentage de la richesse des riches n’est qu’amulettes, pacotilles, verres brisés, papiers bancaires, actions et obligations sans valeur et monnaie de singe spéculative. Quand la bourrasque de la crise financière s’engouffrera sur le parquet de la bourse, tous ces papiers de change, ces « produits boursiers dérivés », ces produits spéculatifs toxiques s’envoleront en fumée en une journée. Le milliardaire d’hier se retrouvera nu comme un vers.

La théorie de la valeur sous le capitalisme

En 1857, définissant sa théorie de la valeur Marx a écrit ceci : « La création de la richesse réelle dépend moins du temps de travail et du quantum de travail employé que de la puissance des agents mis en mouvement au cours du temps de travail, laquelle à son tour … n’a elle-même aucun rapport avec le temps de travail immédiatement dépensé pour les produire, mais dépend bien plutôt du niveau général de la science et du progrès de la technologie, autrement dit de l’application de cette science à la production … le temps de travail cesse d’être la mesure de la richesse et, par suite, la valeur d’échange d’être la mesure de la valeur d’usage … Cela signifie l’écroulement de la production reposant sur la valeur d’échange… [et l’écroulement du mode de production capitaliste qui repose sur la portion de la valeur d’échange correspondant à la plus-value. NDLR] » (6). Voilà pour les petits-bourgeois pédants qui prétendent que Marx serait dépassé. Il y a 150 ans, l’homme génial, décrivait en détail les conséquences économiques du mécanisme de développement scientifique et technologique, de la mécanisation, robotisation, informatisation et numérisation (hausse de productivité) du procès de production des marchandises et du processus de transformation de la valeur d’échange commercial en « valeur » monétaire virtuelle, la spéculation boursière qu’elle entraînerait, moteur de la présente crise économique systémique, chronique, de surproduction et de dévalorisation du capital.

Il faut être particulièrement impertinent pour affirmer que « La crise a fini par forcer une réflexion sur les limites et les dérives de notre modèle économique. La lutte contre les inégalités sociales semble en voie de devenir une grande priorité, parce que c’est un enjeu moral, mais aussi parce qu’on découvre à quel point elles constituent un frein au développement » (7).

La concentration monopolistique des moyens de production, d’échanges et de communication – du patrimoine social finalement – est la condition du développement économique capitaliste – elle est sa nécessaire résultante qui dialectiquement devient un frein à la valorisation du capital (production de plus-value) et ainsi au développement capitaliste. C’est parce que cette accumulation – reproduction élargie est en panne – que les poncifs économistes s’émeuvent, crient à l’agonie et s’effraient des risques d’un soulèvement social.

La sphère financière de l’économie impérialiste

Le collaborateur du quotidien La Presse ne se trompe pas quand il avoue que « La mondialisation, la baisse des impôts pour les plus riches, le déplacement de la richesse vers le secteur financier et la désindustrialisation ont provoqué un déséquilibre qui menace la capacité des sociétés avancées de progresser harmonieusement » (Cool.

Que signifie cette phrase cousue de fils blancs ? Que la sphère financière est parvenue à s’emparer d’une part de plus en plus étendue de la plus-value produite dans la sphère productive de l’économie (le secteur industriel secondaire et le secteur primaire) et que les secteurs bancaire, boursier et financier entravent la valorisation du capital (ce que Dubuc appelle la richesse), ce qui entraine la délocalisation industrielle et la désindustrialisation (qui est une conséquence de l’incapacité de valoriser davantage de capital d’où l’avancée des secteurs financier et boursier). Tout ceci n’est aucunement le fruit des choix politiques des États bourgeois ou pseudo socialistes-bourgeois qui sont contraints de suivre la marche forcée de l’économie déjantée.

Ce que le collaborateur expert appel « déséquilibre » est à la source de l’affrontement entre les grands groupes impérialistes mondiaux qui pourraient bien entraîner le monde entier vers la catastrophe d’une guerre nucléaire mondialisée, à côté duquel l’assaut contre Charlie Hebdo semblera bien peu de chose, ce qui ne serait pas très « harmonieux » comme l’écrit le plumitif. Ce que tous ces spécialistes et experts ne disent pas c’est qu’il n’existe aucun moyen de contrer cette tendance intrinsèque au mode de production capitaliste que Marx a décrit avec beaucoup de minutie dans ses manuscrits (Grundrisse, 1857-1858).

La sphère financière improductive stérilise la valorisation du capital

Reprenons l’explication. La sphère financière improductive – là où se concentre l’argent – s’est accaparée, par la force des choses, une part croissante de la plus-value produite en usines, en chantiers, et dans les mines, laissant toujours moins de plus-value à valoriser dans la sphère industrielle productive. De fait, comme le capital ne trouvait plus à s’employer dans la sphère productive, pour cause de surproduction caractérisée suite aux hausses vertigineuses de productivité, il a été poussé dans la sphère financière improductive où ce capital (fictif) contribue à dévaloriser le capital social global allant ainsi à l’encontre du mécanisme de reproduction élargie et d’accumulation des profits fondement de l’économie capitaliste. La profusion du crédit – la création de « valeurs » monétaires d’échange inexistante – s’est présentée comme l’unique manière de poursuivre l’accumulation d’un capital fictif dévalorisée. Taxer cette monnaie de singe reviendrait à surmultiplier le crédit fictif dévalorisé déjà trop abondant et à poursuivre la marche forcée vers le précipice capitaliste. Désolant, n’est-ce pas chers militants de la gauche progressiste (sic) – taxer ou ne pas taxer le capital fictif des riches revient au même, la panade économique et fiscale est au bout de la promenade.

Productivité accélérée, production surmultipliée

Bref, le capitalisme recherche constamment des hausses de productivité (source de plus-value relative) afin de réduire la portion de capital vivant (Cv) contenu dans chaque marchandise. Ainsi, l’économiste Jean Fourastié indiquait qu’en France, au 18e siècle, un quintal de blé coûtait 200 salaires horaires de manœuvre (shm), il en coûtait 36 shm en 1936 et 3 shm en 1990 et qu’il en était ainsi pour la plupart des produits manufacturés (9). Cette recherche constante de productivité réduit la portion de plus-value (pv) contenue dans chaque marchandise individuelle et de ce fait le capitaliste obtient, après un certain niveau de productivité, l’effet inverse de celui recherché. Chaque hausse de productivité supplémentaire entraîne une baisse du profit moyen sans compter qu’elle accentue la crise de surproduction. Ainsi, avec la mécanisation, robotisation, informatisation et numérisation de la production, les salaires (Cv) ne comptent plus que pour 15 % environ des coûts de production. Il devient de plus en plus difficile d’accroître la plus-value relative et de plus en plus problématique (socialement) d’accroître la plus-value absolue en augmentant le temps ou l’intensité du travail.

Reprenons l’explication. Comme la valeur d’usage et la valeur d’échange-marchande proviennent presque uniquement de la sphère de production (industries secondaires et primaires), et comme la sphère financière est improductive et ne produit aucune plus-value, il s’ensuit que par sa diffusion désespérée de capital fictif virtuel (la diffusion du crédit) la sphère financière improductive accapare toujours plus de plus-value et étrangle la sphère industrielle productive qui ne parvient plus à réaliser son taux moyen de profit. Ce qui éloigne les investissements (le capital) de ce secteur productif de plus-value. C’est ainsi que le boa capitaliste se bouffe la queue dans sa quête insatiable du profit maximum.

Les utopies réformistes anti-« banksters »

La solution est simple direz-vous, que l’on arrache la richesse sociale (le capital) des mains des banquiers et qu’on la donne aux industriels qui feront fructifiés les profits. Que l’on privilégie le «bon» capitaliste au détriment du méchant (sic). Que l’on interdise aux banquiers d’émettre de l’argent – du crédit – et ainsi on stoppera le procès de dévalorisation du capital social et la dissémination de la monnaie de singe sans valeur d’échange. Pas si simple malheureusement. Même en conservant une plus grande portion de la plus-value dans la sphère industrielle productive de plus-value, ce capital ne saurait fructifier davantage. En effet, les industriels sont nombreux à admettre qu’il ne manque pas de capital à investir, mais qu’ils manquent d’occasions d’affaires à initier. C’est ce qui explique l’innocuité des mesures gouvernementales de soutien aux investissements que les parlements adoptent régulièrement – futilement. Les nouveaux marchés sont inexistants et ceux disponibles sont l’objet d’âpres disputes économiques et militaires comme chacun peut l’observer aux quatre coins de la Terre. Cessez de vous laisser duper, les guerres contre l’État Islamique, contre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie, le Mali, la Libye, la Palestine, le Nord Nigéria, le Cameroun, la République Centre Afrique, l’Ukraine et ailleurs sont des guerres de repartage des marchés et des routes de transport des marchandises et des hydrocarbures.

De plus, si le banquier ne pouvait plus émettre de crédit, comment le salarié contractera-t-il une hypothèque et comment rembourserait-il ses multiples emprunts ? Comment le commerçant avancera-t-il l’argent pour ses achats en gros ? Comment l’État financera-t-il le revenu minimum garanti proposé par le Conference Board, le CTC et les autres centrales syndicales ? On prévoit qu’un tel programme coûtera 261 milliards par année au trésor canadien. Où prendre l’argent pour payer cette facture sociale ? Dans les poches des riches répondent les gauchistes. Mais les poches des riches sont pleines de papiers boursiers sans valeur certifiée et malgré cela les riches internationalisés s’échapperont vers d’autres cieux fiscaux dès qu’un gouvernement de la « gauche » bourgeoise (Syriza ou Podemos ou un autre) fera mine de hausser les impôts et de sévir contre la fraude fiscale, contre leurs maîtres, les riches (quand à pourchasser la petite fraude fiscale des salariés et de la petite bourgeoisie paupérisée c’est déjà bien avancé).

Pour en finir avec le mythe du Revenu minimum garanti (RMG)

Analysons plus à fond ce projet de programme de revenu minimum garanti (RMG). Une fraction de la bourgeoisie mène campagne en faveur de l’établissement d’un revenu minimum garanti (RMG). Comme nous l’avons souligné précédemment les tenants de ce cataplasme sur une jambe de bois sont autant de la gauche que de la droite bourgeoise. C’est que face à l’endettement catastrophique des ménages les banquiers trouvent trop risqué de prêter davantage aux salariés, surtout que le chômage et les faillites personnelles se multiplient. L’idée a donc germé dans la tête des banquiers de transférer à l’État – à la dette souveraine – ce fardeau d’emprunt supplémentaire des consommateurs que l’on présente comme une aide aux salariés et aux défavorisées. Comme les salariés supportent déjà directement environ 60 % du fardeau fiscal, ils prendraient à charge 60 % de la nouvelle dette que le Conference Borad du Canada estime à 261 milliards de dollars par année (10 000 $ x 22,7 millions de Canadiens âgés de plus de 18 ans). Auquel déficit l’analyste du Conference Borad propose de soustraire 139 milliards de dollars des programmes sociaux déjà en vigueur dans les provinces canadiennes (10). En ce qui a trait aux hausses de taxes et d’impôts pour défrayer ce programme elles seront refilées aux ouvriers, et aux autres salariés, soit directement, soit via l’augmentation du service de la dette souveraine. À échéance, seule une dévaluation drastique de la monnaie canadienne, et donc une réduction conséquente du pouvoir d’achat des travailleurs, résulterait d’une telle mesure de type miroir aux alouettes que le prolétariat canadien n’a aucun intérêt à promouvoir (11).

Les mirages « gauchistes » s’évanouissent, laissant place à l’État monopoliste

Bref, le mode de production capitaliste (MPC) a ainsi évolué, au cours des 70 dernières années, qu’il est devenu le capitalisme monopoliste d’État – l’impérialisme étatique – qui requiert l’interventionnisme de l’État pour réguler chaque aspect de l’économie et permettre au système de survivre. Le dilemme qui confronte la fraction « de la droite libérale » à la fraction « de la gauche interventionniste étatique bourgeoise » est une contradiction au sein du camp impérialiste entre ceux qui croient que le prolétariat peut encore et toujours tolérer de plus grandes charges fiscales et de plus grands sacrifices économiques, et ceux qui appréhendent des soulèvements sociaux et recommandent d’étendre le transfert des charges fiscales, et de la dette souveraine, et des coûts sociaux, sur une plus longue période, utilisant l’appareil étatique monopoliste comme amortisseur des secousses financières et monétaires inévitables et comme moteur de la répression ouvrière. C’est la raison pour laquelle vous retrouvez les centrales syndicales canadiennes de connivences avec les chambres de commerces et les think tanks capitalistes complices. Le débat entre eux se résume à déterminer quel montant sera emprunté par l’État et quel seront les charges fiscales pour les contribuables et le montant des remboursements pour les emprunts contractés auprès des banquiers usuriers.

Un gouvernement qui tenterait de faire fonctionner le système monopoliste étatique autrement que de la façon ci-décrite empirerait les choses et provoquerait une catastrophe immédiate plutôt qu’une catastrophe à moyen terme. Pour le moment, la majorité de la grande bourgeoisie mondiale a choisi de privilégier l’option de gagner du temps et de retarder l’échéance cataclysmique. Pendant ce temps « emprunté » à la catastrophe, la classe capitaliste internationale prépare les conditions idéologiques, politique, policière, militaire, financière, monétaire, commerciale pour le prochain grand affrontement interimpérialiste inéluctable. En Grèce, et bientôt en Espagne probablement, le grand capital laisse ses polichinelles gauchistes (sic) semer des illusions et jouer avec le sort de millions de salariés déjà paumés. On verra sous peu les résultats de cette aventure national-socialiste. La Grèce des colonels est au bout du tunnel où se sont engouffrés les ouvriers grecs. Puis, si ce scénario catastrophe fonctionne là-bas, on l’étendra à d’autres États-nations capitalistes monopolistes. La France des « Charlots Hebdos » est le prochain candidat qu’il leur faut (12).

Guerre interne au sein des camps impérialistes

Nous connaissons tous les injustices, la pauvreté et les incongruités issues du développement impérialiste débridé qui rencontrent de plus en plus de difficulté à valoriser son capital paralysé. À mesure que la crise systémique et chronique s’approfondit, la guerre s’intensifie entre différentes fractions de la bourgeoise (à l’interne de chaque État et entre les alliances d’États impérialistes) pour s’accaparer une plus grande portion des profits. C’est cette guerre interimpérialiste et inter fractions-bourgeoises qui explique ces chimères propagées à propos de la justice fiscale, du revenu minimum garanti (RMG), des hausses du SMIC et les utopiques slogans « Faisons payer les riches », etc. Chaque fraction du capital tente d’utiliser l’opinion publique et le ressentiment populaire anticapitaliste en sa faveur, afin de frapper l’adversaire et ainsi rapatrier la plus-value dans sa besace. La gauche bourgeoise, les ONG accréditées, les bureaucrates syndicaux progressistes (sic), les militants étudiants, même la presse bourgeoise « conscientisée et compassionnée, toujours disposée à brailler sur le sort de l’humanité affligée » jouent les faire valoir et ne répugnent pas à dénoncer les inégalités, et pusillanime, à réclamer une plus grande équité dans la répartition des richesses. Ces missionnaires de la charité nous ont depuis longtemps habitués à ces invectives misérabilistes contre l’injustice. Les poncifs de la gauche bourgeoise comme de la droite aristocratique vont jusqu’à critiquer la part trop importante que s’attribuent certaines fractions de la bourgeoise telles que les professionnels, les ingénieurs, les cadres, les banquiers, les financiers, les hauts dirigeants de l’industrie et les hauts gradés aux revenus faramineux. Les médias à la solde aiment afficher ces revenus indécents afin de soulever l’ire populaire et inciter l’État capitaliste monopoliste à imposer davantage les hauts salariés. Ils espèrent ainsi calmer le jeu social et offrir un exutoire aux récriminations des travailleurs chloroformés par ces vaines manifestations de protestations et de commisérations qui en définitive se termine par davantage de taxes et d’impôts pour les ouvriers, pour les salariés et pour la petite bourgeoisie paupérisée.

La politique de la gauche ouvrière révolutionnaire

La question qui confronte les révolutionnaires ouvriers n’est pas de reconnaître ces calamités et cette pauvreté affligeante, ni de convenir de l’iniquité de la répartition de la richesse sous l’impérialisme. Nous le savons, ce système social, ce mode de production, ne devrait plus exister. Mais comment le renverser, voilà le véritable problème que nous devons solutionner ?

Premièrement, il faut expliquer aux salariés que la répartition de la richesse, des revenus, des dividendes et des profits, est la conséquence directe de la propriété privée – monopolisée – des moyens de production, d’échange et de communication. C’est l’appropriation privée du capital qu’il faut abolir pour éliminer ces inégalités.

Deuxièmement, les lois inéluctables du capitalisme – le libre marché – le libéralisme et le néo-libéralisme économiques (sic) – la mondialisation globalisée – la concentration de la propriété privée et donc de la richesse entraîne la concentration monopolistique du capital – et non sa répartition équitable. Empêchez les réformistes de tout mystifier, demain la richesse sera davantage concentrée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Impossible d’inverser ce mouvement jusqu’au grand krach boursier annoncé.

Troisièmement, les salaires et les revenus encaissés et taxés ne sont qu’une infime partie des immenses richesses accumulées. La grande majorité du patrimoine accaparé par les milliardaires et par les entreprises multinationales multimilliardaires sont des actifs mobiliers et immobiliers peu ou prou taxés, protégés par la loi de la propriété privée et donc exclue des récriminations en cours à propos de la soi-disant répartition équitable des revenus et de la taxation.

Quatrièmement, le seul résultat de cette campagne que mène une partie de la petite bourgeoisie manipulée, cette classe intermédiaire qui fait présentement l’objet des attaques de leurs maîtres du grand capital, sera de mobiliser les ouvriers pour qu’ils se battent en faveur du clan des tenants de majorer les impôts pour les hauts salariés et la bourgeoisie moyenne. Pendant ce temps, les multimilliardaires et leurs corporations planqueront leurs revenus, leur argent et leurs actifs dans les paradis fiscaux et dans les exemptions d’impôts.

En définitive, les salariés, les ouvriers encore embauchés et les petits-bourgeois paupérisés, seront les dindons de cette farce de « l’équité fiscale » et du revenu minimum garanti (RMG) et de la pseudo « lutte à la pauvreté » des ONG subventionnées.

La classe ouvrière n’a que faire de ces tergiversations et de ces manipulations à propos de «qui taxe qui et à quelle hauteur de leur revenu?», et de «qui dissimulera son fric au fisc et dans quel paradis?» Le salarié sait qu’il est taxé à la source et il perçoit qu’il reçoit toujours moins de services pour les sévices du ministre du Revenu étatique. Voilà ce que l’ouvrier doit dénoncer et combattre… Grève générale pour la défense de nos conditions de vie et de travail. C’est notre réponse à l’iniquité sociale et à l’injustice fiscale. En attendant d’en découdre définitivement avec l’État du capital, l’État impérialiste.

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MANIFESTE DU PARTI OUVRIER : http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520


(1) http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/austerite-mon-oeil/
(2) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/lextreme-gauche-menace-les-ouvriers-grecs/ et Syriza et Podemos, la supercherie s’élargit 4.2.2015. http
(3) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-riches-senrichissent/
(4) Tom Thomas (2011) Démanteler le capital ou être broyés. Paris http://www.demystification.fr/les-livres-de-tom-thomas-2/demanteler-le-capital-ou-etre-broyes/
(5) http://www.jolpress.com/monnaie-devise-marche-changes-euro-article-821589.html
(6) Les manuscrits de 1857-1858 (Grundrisse). Éditions Sociales. Paris. Chapitre II, pages 192-193.
(7) Pierre Dubuc (2015) La Presse Plus. http://plus.lapresse.ca/screens/580364ca-b85c-470b-9bc4-f2730267ebcd%7C_0.html
(Cool Pierre Dubuc (2015) La Presse Plus. http://plus.lapresse.ca/screens/580364ca-b85c-470b-9bc4-f2730267ebcd%7C_0.html
(9) Jean Fourastié (2005) Productivité et richesse des nations. Pages 102 – 110. Gallimard.
(10) http://www.msn.com/fr-ca/actualites/other/le-revenu-minimum-garanti-une-id%C3%A9e-phare-pour-le-21e-si%C3%A8cle/ar-AA86cTg
(11) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-revenu-minimum-garanti-rmg/
(12) http://declin-imperialiste.forum-canada.com/t135-l-impossible-austerite-necessaire#139



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