L’AVENIR INCERTAIN DES PARTIS POLITIQUES

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L’AVENIR INCERTAIN DES PARTIS POLITIQUES

Message par Admin le Mar 27 Mai - 13:08

Un parti politique est comme une fleur de macadam éphémère et saisonnière. Chaque saison de «fièvre» électoraliste les voit renaître à la démagogie et chaque hiver défaitiste les voit disparaître pour être gobés par le plus opportuniste d’entre eux. Il en est ainsi dans la plupart des pays occidentaux.

En temps de «paix» sociale


En temps de «paix» sociale, dans la plupart des pays capitalistes, dits «démocratiques» (sic), la bourgeoisie se divise en deux factions, en deux partis politiques ou en deux coalitions d’oppositions alternant au gouvernement de l’État des riches. D’autres formations politiques sont tolérées, mais elles ne pourront jamais aspirer à gouverner l’appareil d’État policier (en ces temps de paix sociale du moins).

Ces tierces formations politiques remplissent différentes fonctions sociales et communautaires telles que de servir d’exutoire pour permettre à certains segments frustrés de la bourgeoise paupérisée de rouspéter. Ces tiers partis serviront à l’occasion de faire valoir ou de repoussoir pour les deux grands partis de pouvoir.

Ainsi, quelques tiers partis prendront des poses vindicatives réclamant des réformes du système économique et juridique et exigeront des miettes pour les assistés sociaux et les sous-prolétaires, sans réaliser que chaque réclame complémentaire se transformera en exactions supplémentaires contre les travailleurs, uniques pourvoyeurs de valeur – de richesse sociale – et quasi uniques payeurs de taxe et d’impôt gouvernementaux. Certains partis de l’opposition bourgeoise iront jusqu’à se draper dans un drapeau rouge, alors que d’autres se pareront d’oripeaux nationalistes chauvins pour défendre le patrimoine patriotique nationalisé ou monopolisé par les milliardaires qui ne leur en demandent pas tant, pourtant.

Ces affidés d’arrière-ban parlementaire distraient le parterre des petits-bourgeois toujours friands de ces retours dans le passé, au temps de l’éphémère prospérité capitaliste, qui ne reviendra plus jamais, malgré leurs récriminations pour des réformes impossibles et inespérées.

Parfois, les tiers partis servent à menacer les deux grands partis d’alternance à la gouvernance, au cas où ces politiciens véreux manqueraient à leur serment officieux de transférer le fardeau de la crise économique sur le dos des salariés et des ouvriers, «chair à canon» des mascarades électorales et des guerres transnationales.

Les tiers partis dans la tourmente et la décadence


Enfin, ces tiers partis d’éternelle opposition, sans espoir, pourront servir à l’occasion de secours de dernier recours en cas de vilenie, de rupture de la paix sociale, pour monter des animosités et pour endiguer la colère populaire. Nous évoquons ici un cas limite où le grand capital accepterait, le cœur sanglant, de remettre son sort entre les mains de ces vauriens de l’opposition à la gauche de la bourgeoisie. Il en existe pourtant nombre d’exemples dans l’histoire (Cuba, Venezuela, Chili, Algérie, Chine, Népal, Zimbabwe, Angola, Mozambique, Afrique du Sud, etc.) qui ont tous abouti, vous le savez, à la trahison de la révolution.

Au temps des crises économiques systémiques et au temps des tensions sociales en panades, il devient nécessaire de rehausser le niveau de mystification électorale. Ou bien un parti bourgeois de substitution existe déjà, et il suffira de le présenter comme amélioré, renouvelé, avec son nouveau chef sorti droit des bureaux feutrés, ou alors, il s’avère nécessaire d’en créer un tout nouveau pour réaliser ce coup fourré.

En France, Front national et Front de gauche jouent ce rôle et se disputent les faveurs de la bourgeoisie pour être appelés à succéder à l’UMP et aux socialistes discrédités. Au Canada, le Nouveau Parti Démocratique, l’appareil électoral de la bureaucratie syndicale, représente cette alternative de «gauche» (sic). Au Québec, Québec Solidaire représente la voie de «gauche» (sic) alors que la Coalition Avenir Québec (CAQ) représente l’alternative de droite au vieux Parti libéral et au Parti Québécois.

En Amérique, dans son ensemble, la crise économique et les tensions sociales ne sont pas assez exacerbées pour que la bourgeoisie appelle le parti des petits-bourgeois aigris, paupérisés et indisciplinés aux commandes de son État des riches. Par contre, la CAQ, dirigée par un ex-ministre péquiste, fusionnée avec le Parti Québécois réorienté, constituerait un choix privilégié.

Un parti politique c’est…


Tout parti politique prend sa source dans une classe sociale et en constitue le véhicule politique. Il incarne la mentalité, il galvanise les aspirations et il défend les intérêts de cette classe ou de ce segment de classe sociale. Dites-moi de quelle classe sociale un parti politique provient et je vous dirai les intérêts qu’il défend.

Le Parti Québécois est le parti de la bourgeoisie d’industrie et du commerce non monopoliste et d’une partie du capital financier québécois. La petite bourgeoisie gouvernementale, la bureaucratie syndicale et les artistes y sont lourdement représentés et lui servent de porte-voix et d’organisateurs d’élection. Étant donné que ces segments de classe sont formés de baby-boomers alors que les jeunes se retrouvent chômeurs, étudiants dans les institutions d’enseignement, à compléter leur deuxième diplôme universitaire, ou dans des emplois précaires du tertiaire, le Parti Québécois donne l’impression d’être le parti de la génération de ceux qui aspirent à la retraite. Cette illusion est due au fait que l’échelle d’ascension sociale s’est engorgée au cours des dernières années et la seule issue sera peut=être une autre guerre meurtrière.

Les jeunes n’ont plus accès à ces emplois gouvernementaux et à la gestion du secteur tertiaire et ils voient bien que l’avenir est bouché, c’est ce qui explique leur résistance exacerbée et leur combat effarouché, désorienté.

Application de ce modèle à l’étude des élections québécoises


À l’élection québécoise de 2012, les différentes factions de la classe bourgeoise avaient fait leur unité pour renverser le gouvernement Charest discrédité par la résistance déterminée des étudiants, que Charest n’avait pas réussi à mâter. L’apport électoral temporaire des étudiants et de leurs alliés, fraîchement sortis de leur lutte défensive sur le front économique de la lutte de classe, a fait la différence et porté le Parti Québécois bourgeois au pouvoir de l’appareil d’État des riches. Le Parti libéral avait tout de même conservé ses appuis électoraux traditionnels alors que la CAQ s’était positionnée électoralement pour l’élection d’après en tant que «nouvelle» formation d’alternance à la gouvernance.

La proximité de l’assiette au beurre ayant fait taire les parangons de l’option séparatiste et référendaire, le PQ se faufila entre libéraux et caquistes pour arracher la palme électoraliste.

À l’élection de 2014, les étudiants et leurs alliés déçus des mensonges péquistes et de la hausse des droits de scolarité ne se sont pas déplacés pour appuyer le Parti Québécois bourgeois, preuve qu’ils comprennent de mieux en mieux la mystification des élections bidon. Par contre, les électeurs originaires des communautés ethniques, de l’immigration et de la minorité linguistique Québécoise anglophone, apeurés par les récriminations xénophobes et chauvines de la clique chartiste péquiste, se sont déplacés en grand nombre pour sanctionner les chauvins péquistes et les chasser de la gouvernance du parlement des riches.

Étant donné que l’immense majorité de la grande et de la moyenne bourgeoisie en sérieuse difficulté économique a totalement abandonné ses récriminations pour le repartage de la fiscalité (fédéral-provincial), le positionnement du Parti Québécois devient de plus en plus périlleux électoralement parlant. Ou bien le PQ s’arrache à l’influence de son aile sécessionniste et fusionne avec la CAQ pour que le parti «renouvelé» puisse aspirer à s’emparer de la gouvernance de l’État des riches. Ou bien le PQ ne réussit pas cette métamorphose opportuniste et la CAQ poursuit irrésistiblement son ascension en avalant l’électorat péquiste, puis deviens le parti d’alternance aspirant à la gouvernance de l’État capitaliste. D’autres partis bourgeois comme le Parti conservateur du Québec, L’Action libérale nationale, le Ralliement créditiste et l’Union Nationale sont passés par là avant lui.

Convenons que le milliardaire Péladeau, propriétaire de 40% des médias québécois à la solde, a du boulot devant lui. Mais la grande bourgeoisie n’a pas fait descendre l’un des siens dans l’arène partisane pour rien…la tâche est à la taille de ce pugiliste capitaliste.

Pour nous, de la classe ouvrière, ce salmigondis n’a aucun intérêt car c’est bien sur la rue, dans les usines, les ateliers, les chantiers, les ports et les aéroports, les sweats shop, les friperies, les comptoirs alimentaires et dans les quartiers que nous poursuivons notre résistance militante et acharnée.

___________

Gratuit – téléchargez : http://www.robertbibeau.ca/VolumeDeclin.html
LE DÉCLIN DE L’IMPÉRIALISME CONTEMPORAIN



SOURCE : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/lavenir-incertain-des-partis-politiques/

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