LES ENTREPRISES AMÉRICAINES DÉLOCALISENT AUX ÉTATS-UNIS!

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LES ENTREPRISES AMÉRICAINES DÉLOCALISENT AUX ÉTATS-UNIS!

Message par Admin le Mer 19 Mar - 14:54

LES ENTREPRISES AMÉRICAINES DÉLOCALISENT AUX ÉTATS-UNIS!

robertbibeau@hotmail.com


http://www.les7duquebec.com/7-au-front/les-entreprises-americaines-delocalisent-aux-etats-unis/


Délocalisation industrielle vers les États-Unis?

Médias-menteurs, journalistes asservis et économistes à la solde se plaignent que depuis longtemps nombre d’entreprises européennes, canadiennes, australiennes, japonaises et américaines externalisent leurs opérations fragmentées dans de multiples usines et entreprises essaimées partout sur le globe. Nombre de multinationales monopolistes ferment leurs usines en Europe, au Canada, en Australie, au Japon et aux États-Unis et les délocalisent en Orient. La firme Nike, par exemple, possède des centaines d’usines dans une vingtaine de pays du tiers-monde (Orient et Amérique latine) alors que le gros de son marché se situe en Occident.

La carte 1 montre, pour l’année 2011, l’importance de chaque pays d’accueil et donne un indice de sa force attractive en termes de réception des opérations (production, informatisation, gestion, distribution, communication, recherche/ développement) externalisées et/ou délocalisées. Il est aisé de remarquer que la Chine et l’Inde s’arrogent la part du lion, mais il est à noter que depuis 2011 l’Inde est plus attractive que la Chine en terme d’externalisation – délocalisation des usines et des centres de recherche, délogeant la Chine qui pour se créer un marché intérieur a dû augmenter les revenus de ses salariés. Des données attestent que la Chine a dépassé la phase des économies émergentes et est devenue une puissance qui exporte ses capitaux, accapare des marchés, centralise la gestion-administration d’immenses conglomérats internationaux qui externalisent et délocalisent leurs opérations dans divers pays où l’exploitation du capital (variable et constant) est plus profitable.


Carte 1



La taille d’un pays représente sa force attractive en termes de réception des opérations de production, gestion, distribution et commercialisation. Source : http://www.metiseurope.eu/delocalisations-une-geographie-bouleversee-par-la-crise_fr_70_art_29169.html


Ce qui paraît nouveau cependant c’est que certaines entreprises reviendraient aux États-Unis, au Japon et en Allemagne pour y exploiter une main-d’œuvre bon marché. On rapporte le cas de la firme Otis, une entreprise américaine, qui aurait fermé son unité de production en Europe pour la rapatrier aux É.-U. (1). Le Canada et les pays scandinaves ne comptent pour rien du tout mondialement en terme de réception des entreprises délocalisées. Ce sont les pays où les États providences sont les moins démantibulés, les salaires et les charges sociales encore élevés, ce qui ne devraient pas tarder à changer.

Experts et cassandres se perdent en conjectures, spéculent, supputent et ne parviennent pas à comprendre ni à expliquer ce phénomène étrange. Pourquoi un tel redéploiement industriel intracapitaliste (France-États-Unis, ou encore Canada-États-Unis) ? Ce processus va-t-il se poursuivre et pour les capitalistes d’Europe, du Canada, d’Australie que faire pour contrer ce mouvement si tant est qu’il puisse être stoppé ou inversé?

Ce redéploiement industriel stratégique est rendu possible et nécessaire par la combinaison de divers facteurs contraignants et imbriqués. D’abord, la série d’accords de libre-échange (Union-européenne-USA-Canada, Corée du Sud-Canada, Corée du Sud-États-Unis, États-Unis-Taïwan, etc.) que les altermondialistes appellent le processus de «mondialisation des marchés sous le néo-libéralisme», permettant aux capitalistes monopolistes de déplacer leurs usines partout dans le monde, de fermer sauvagement telle unité de production en Belgique, en France ou au Canada et de la déplacer en Chine, en Corée, ou en Inde, ou en direction des États-Unis où la résistance ouvrière est depuis longtemps anémiée (2).

Quelques indices et faits significatifs permettront de prendre la mesure de l’écrasement de la résistance des salariés américains depuis l’accentuation de la crise économique systémique en 2008. Le taux de syndicalisation est au plus bas depuis l’apparition des syndicats. Ainsi aussi peu que 11,3% de la main-d’œuvre salariée est syndiquée aux É.-U. La syndicalisation est extrêmement difficile et maints ouvriers américains jugent que cette lutte pour la syndicalisation n’en vaut pas la peine aux vues des luttes syndicales avortées ou liquidées.

Récemment, le Président Obama a haussé de quelques sous le salaire minimum pour les employés sous-payés de l’État fédéral. Barack Obama serait-il devenu un «communiste» infiltré jusqu’au bureau ovale de la Maison-Blanche comme le suggère la chef du Tea Party (sic)? Non évidemment, c’est simplement que l’État capitaliste monopoliste s’est aperçu de deux choses : d’une part, le niveau de salaire est si bas pour les ouvriers aux États-Unis qu’il ne permet plus à une portion de la classe ouvrière d’assurer sa reproduction élargie, ce qui provoque des pénuries d’employés dans certains secteurs d’activités entraînant une pression à la hausse sur les salaires. Ensuite, le niveau dérisoire des salaires pratiqués entraîne l’abandon du travail légal par une portion de salariés qui préfèrent offrir leur service sur les marchés illicites et pour les activités du monde interlope. Le banditisme et le crime contre la personne explosent aux États-Unis, ce qui coûte cher en assurance, en service de police répressif et encombre le système de justice et carcéral. Enfin, la diminution constante du salaire moyen et médian réduit globalement le marché de consommation solvable pour une portion de plus en plus grande des salariés, qui aujourd’hui surendettés, ne trouvent plus à emprunter et cessent de consommer d’où l’explosion des friperies, des soupes populaires et autres œuvres caritatives absolument non lucratives pour le grand capital monopoliste.

L’an dernier, la loi sur l’assurance maladie obligatoire pour tous les employés fut une autre mesure adoptée par l’administration «communiste» d’Obama (sic) et qui vise à soutenir la consommation et la tonte des brebis ouvrières par le grand capital pharmaceutique, des services médicaux privés et des trusts de l’assurance capitalistes. Sous prétexte de fournir à chaque ouvrier une assurance pour ses soins de santé, tout ce que l’industrie des soins médicaux a trouvé c’est de taxer directement les ouvriers afin de remplir les goussets des monopoles de la santé et de l’assurance privée. Les petits-bourgeois et les plumitifs éditorialistes compassés comprendront pourquoi les ouvriers étatsuniens qui auparavant étaient assurés par leurs employeurs se rebiffent contre le fait que l’État décharge les grands employeurs monopolistes de cette responsabilité pour la mettre sur le dos des salariés alors que les employés qui n’étaient pas assurés n’ont toujours pas les moyens d s’assurer à des tarifs prohibitifs. Les seuls qui empochent dans cette arnaque de Barack ce sont les capitalistes de l’assurance privée alors que les salariés voient leur salaire davantage réduit et leur capacité de consommer aussi. Voilà pourquoi nous disons que la crise systémique du capitalisme est une crise de surproduction en plein cœur de la pénurie.

Comme chacun aura pu le constater, le système économique capitaliste fonctionne selon des lois inexpugnables – incontournables – inexorables que nul ne peut transgresser, surtout pas le Président de la première puissance impérialiste moderne.

L’affaissement des coûts de transports intercontinentaux (par paquebots, conteneurs et vraquiers) explique également la facilité avec laquelle les usines peuvent être déplacées d’un pays à un autre, d’un continent à un autre. Un scandale alimentaire à propos de viande avariée en Europe l’an dernier a démontré que pour produire un simple plat préparé pas moins de six entreprises et usines situées dans six pays étaient impliquées dans la fabrication, la distribution et la commercialisation de ce poison alimentaire.

Enfin, les législations douanières, tarifaires, du droit du travail, et du droit fiscal que se sont façonnées (ou qui ont été forgées par les fonctionnaires de Bruxelles, de Washington, de Tokyo, d’Ottawa et de Canberra) au bénéfice de leurs patrons les multinationales présentes dans l’espace de Schengen, dans l’aire de l’ALENA et dans la sphère de l’OMC (Organisation mondiale du commerce) assurent que la force de travail salarié, au meilleur prix, sera exploitée par les multinationales apatrides et qu’ensuite leurs profits pourront migrer sereinement vers les paradis fiscaux afin de se soustraire à l’impôt et aux charges sociales toujours considérées trop dispendieuses par ceux qui ont vocation de recueillir le maximum de profit à redistribuer aux actionnaires milliardaires avides de réinvestir ce capital pour un nouveau cycle de reproduction élargie, et ainsi va la vie économique sous l’impérialisme moderne (3).

Cependant, toutes ces explications n’éclaircissent pas entièrement les avantages recherchés par ce redéploiement industriel intracapitaliste. À quoi sert-il de fermer à Aulnay-sous-Bois, à Gent, à Ste-Thérèse banlieue pour investir à Flint au Michigan ? (4)

Réduction des coûts de la force de travail

Depuis plusieurs années, la première puissance impérialiste mondiale maintient intentionnellement sa devise, le dollar, sous la valeur de l’euro, ce qui lui fournit un avantage commercial évident. Le Canada a amorcé une telle opération de dévaluation spéculative de sa monnaie depuis plusieurs mois (1$ CAD = 0,90$ US = 0,65 €). Les biens et services produits aux États-Unis sont ainsi moins chers à acheter pour un Européen ou un Japonais. Encore faut-il que les coûts de production de ces biens et services soient sous contrôle et maintenus au plus bas prix possible (à la plus faible valeur possible) compte tenu du niveau de productivité, sinon l’avantage commercial serait annulé par l’écart salarial qui historiquement fut à l’avantage des travailleurs américains relativement bien payés dans la grande industrie monopolistique du moins. Ce temps est révolu grâce au «communiste» Barack Obama (sic), le Président des petits bourgeois «progressistes».

L’inflation engendrée par l’impression et l’injection constante de dollars étatsuniens dans le circuit financier international a réduit le pouvoir d’achat des ouvriers, c’est-à-dire que la valeur de la marchandise « force de travail » est en baisse sur le marché étatsunien du fait même de la profusion du numéraire (dollar) qui engendre en retour la dévaluation de la monnaie américaine (trop de dollar sont à la poursuite de trop peu de biens et services). La force de travail, étant une marchandise comme les autres, subit une dévaluation comme les autres marchandises, y compris la marchandise «monnaie-dollar», la marchandise fétiche symbole de toutes les marchandises. La dévaluation d’une devise (étatsunienne, canadienne, européenne) a toujours un coût pour les salariés et constitue toujours une façon de transférer le poids de la crise économique sur le dos de la classe ouvrière ce qu’aucun économiste-coolie ne dévoile jamais aux salariés.

L’État policier américain, les États policiers européens, canadiens, australiens, japonais et de tous les pays soumis aux rapports de production impérialiste moderne ont parfaitement identifié les dix critères faisant entrave à l’externalisation/ délocalisation des opérations d’une entreprise monopoliste multinationale et tous ensembles, de concert, sous la direction de l’OMC, de l’ONU et de L’OCDE, ils travaillent à amenuiser ou faire disparaître ces entraves à l’expansion impérialiste industrielle et commerciale. Le tableau 1 ci-dessous présente les dix plus importants facteurs qui entravent l’externalisation/délocalisation d’une entreprise capitaliste monopoliste, quel que soit son secteur d’activité et son pays d’origine.

Tableau 1


Source : http://www.ic.gc.ca/eic/site/eas-aes.nsf/fra/ra02152.html

Les ouvriers ont pour habitude de spontanément riposter à cette dépréciation de la valeur de la seule marchandise qu’ils peuvent vendre, leur «force de travail», en luttant pour des hausses de salaire ou des améliorations des avantages sociaux (assurance collective, régime de retraite), pour maintenir leur pouvoir d’achat (leurs conditions de survie). C’est pourquoi les capitalistes américains avec le soutien de leur appareil d’État policier ont lancé il y a bien des années des attaques répétées contre les conditions de travail, contre les salaires et contre les conditions de reproduction de la force de travail des salariés américains (comme nous l’avons évoqué ci-haut). Le bénéfice des capitalistes monopolistes étatsuniens est multiple; à la dévaluation du dollar US, qui permet de rendre moins chers les marchandises américaines exportées, s’ajoute la réduction du coût de la main-d’œuvre et un profit accru au moment de la mise en marché des produits importés sur le marché étatsunien, mise en marché assuré par les Wall Mart et les Target des États-Unis.

Aujourd’hui, non seulement la productivité de l’ouvrier américain (cadence de travail, nombre d’heures travaillé, mécanisation du travail, périodes de repos écourtées, etc.), ainsi que son bas coût de revient (salaires et avantages sociaux en déclin) fournissent un avantage concurrentiel inégalé aux entrepreneurs monopolistes étatsuniens vis-à-vis leurs concurrents européens et canadiens.

Ayant passablement détruit la résistance ouvrière américaine, avec la complicité des hommes d’affaires syndicaux, ayant ramené le prolétariat et une large partie des employés étatsuniens à des conditions de survie où, individuellement, chaque travailleur se sent menacé par le chômage endémique, la concurrence des ouvriers étrangers, et le surendettement étouffant; chaque salarié totalement isolé dans sa résistance en raison de la trahison de l’oligarchie syndicale; chaque travailleur esseulé lutte pour sa survie personnelle (sans conscience de classe) et chacun se vend au plus offrant sur le « marché des esclaves salariés » à des conditions ne permettant même pas sa reproduction élargie (l’ouvrier et sa famille) ! Pendant ce temps, les petits-bourgeois écologistes fantaisistes prêchi-prêcha à propos de la surconsommation et la nécessité de la pauvreté volontaire, tous rassemblées dans leurs universités aseptisées par les employés de soutien sous-payés.

Les États-Unis – l’Europe occidentale – le Canada – l’Australie et le Japon en sont là si vous ne le saviez pas! Oubliez la petite-bourgeoise et la frange des employés bien payés du tertiaire hypertrophié qui seront les prochains à passer sous les fourches caudines du processus de paupérisation accéléré. Alors seulement, vous les entendrez s’apitoyer à propos de l’exploitation éhontée et supplier qu’on leur accorde le sursis du conscrit.

Voilà l’industrie américaine enfin prête pour un second « décollage » – une reprise et une reconquête de ses marchés historiques si ce n’était d’une série de problèmes aggravants qu’il leur faudra surmonter auparavant. Attardons-nous à ces problèmes quelques instants puisque l’Europe, le Canada, L’Australie et le Japon y seront confrontés dans quelque temps.

La concurrence internationale entre brigands

1. La dévaluation de la monnaie (du dollar) rend moins alléchants les rendements sur les investissements. Les compagnies impérialistes américaines réduisent donc le rapatriement de leurs profits en mère patrie (le patriotisme à gogo c’est bon pour les péquenots et les bobos). Les marchés boursiers étatsuniens manquent donc de liquidités et spéculent à même de l’argent de pacotille – du numéraire inflationniste inexistant – du crédit servant à monter des arnaques spéculatives, des pyramides de Ponzi, qui un jour ou l’autre éclatent et s’effondrent. Dernièrement, la Caisse de dépôt et placement du Québec annonçait des rendements records en partie grâce aux merveilleuses performances des entreprises spéculatives américaines qui l’an prochain très certainement vont implosées et entraîner la Caisse dans une autre de ces années de pertes records comme en 2008 (5). L’actuel PDG sera congédié muni d’un parachute doré et un autre fumiste sera appelé à la barre du bas de laine des québécois pour un nouveau cycle de désastre économique.

2. La Chine impérialiste maintient sa capacité concurrentielle : en haussant constamment le niveau de productivité de sa main-d’œuvre salariée (budget croissant en recherche-développement); en contrôlant sévèrement la lente et rigoureuse augmentation des salaires de ses travailleurs afin de se constituer un marché intérieur. En outre, la Chine a commencé à délocaliser certaines de ses usines à faible valeur ajoutée, c’est-à-dire ayant un facteur main-d’œuvre – capital variable – élevé (industrie du textile, du vêtement, de la chaussure, de l’alimentation, etc.) vers l’Asie du Sud-Est pauvre et vers l’Afrique miséreuse (Éthiopie) (6). La Chine maintient très basse la valeur de sa monnaie nationale ce qui rend les produits importés extrêmement cher pour ses consommateurs et les astreints à consommer national. La Chine maintient ainsi sa capacité concurrentielle face aux Américains, aux Européens et aux Canadiens. Un économiste bourgeois résume en ces termes le dilemme de l’économie chinoise contemporaine : le débalancement fondamental de l’économie chinoise est la faible part de la consommation dans le PIB (40% de son PIB alors que la proportion est de 70% aux États-Unis et en Europe). Cette distorsion provient de politiques visant à maintenir les taux d’intérêt artificiellement bas, surtout sur les dépôts, ce qui résulte en une subvention aux grandes entreprises capitalistes emprunteuses, et cela aux dépens des ménages chinois. Face à des revenus d’épargne moins élevés, les ménages doivent épargner davantage, ce qui finance les emprunts des entreprises qui investissent allègrement, produisent abondamment et exportent énormément. Finalement, les ménages font face à des prix d’importations élevés en raison de la devise chinoise sous-évaluée, ce qui agit comme une subvention aux entreprises exportatrices. Le résultat net est que l’investissement est surdimensionné dans le PIB, tout comme le surplus de la balance commerciale, et ce aux dépens de la consommation des ménages (7).

3. D’autre part, l’Union européenne a bien tenté de lâcher du lest en laissant tomber la valeur de l’euro, mais les Américains ont accéléré la dévaluation de leur monnaie (idem pour le dollar canadien). Les dollars ont gagné la guerre de la dévaluation contre l’euro. L’euro fort relativement au dollar entrave l’expansion des exportations et gonfle la dette souveraine de chaque État de la zone euro qui emprunte sur les marchés boursiers (Cool. Les capitalistes monopolistes européens – quelle que soit leur nationalité – ont déjà songé à cette éventualité. Le maelstrom médiatique, de concert avec les politiciens véreux et les bureaucrates syndicaux affairistes est en campagne depuis longtemps pour démontrer, à partir des exemples grec, espagnol, portugais, italien et britannique, que les ouvriers qui ne se soumettront pas et n’accepteront pas de se serrer la ceinture et de revenir aux conditions de salaire et de reproduction d’antan seront rejetés par le système économique omnipuissant et mis au rancart – chômage et assistance sociale, soupe populaire, friperies et SDF sera leur lot – comme aux États-Unis où une partie de la classe ouvrière vit dans les parcs et dort sous la tente malgré que des millions de ces campeurs et de ces squatteurs aient un emploi. En faillite, 30 % des jeunes couples américains sont retournés vivre chez leurs parents (9).

Les travailleurs américains s’y sont résignés, pourquoi les ouvriers européens ne s’y résoudraient pas ? Alors, de grâce, scandent les capitalistes français et leurs sous-fifres socialistes, « oubliez les 35 heures », la France n’est plus au temps où les colonies dopaient le PIB métropolitain… Aujourd’hui, «enfants de la patrie, la plus-value doit être produite ici et extorquée patriotiquement avec la complicité de nos amis syndicalistes collaborationnistes » (10).

La dette souveraine est hors contrôle

La récente appréciation de l’euro a pour conséquence de hausser la valeur de la dette souveraine de chaque pays européen déjà lourdement plombée. Plus un pays est dépendant pour sa capitalisation de la zone euro, plus sa dette augmente au fur et à mesure qu’il emprunte en euro surévalué à fort taux d’emprunt (relativement aux taux pratiqué dans d’autres pays). Du moins, pour les pays qui se capitalisent et qui empruntent sur le marché européen, ce qui est le lot de tous les pays de l’UE puisque peu de capitalistes financiers internationaux souhaitent prêter aux gouvernements européens surendettés (exception faite de l’Allemagne à qui tous les spéculateurs voudraient prêter mais l’Allemagne s’auto-suffit). Les dettes des divers pays européens sont de la sorte communautarisées – « socialisées – européanisées » ce qui est loin de plaire à l’impérialisme allemand qui endosse tous ces manants.

Les États-Unis, possédant une monnaie nationale ont déjà « régulé » ce type de problème. La FED achète les obligations d’épargne du gouvernement yankee et dévalue d’autant la valeur du dollar US. Il semble que la Banque centrale européenne ait décidé de recourir au même stratagème suicidaire en créant un fonds de compensation pour renflouer les canards boiteux européens. En effet, ce système de financement de la dette par du crédit inflationniste est suicidaire puisque cette opération de renflouement des budgets gouvernementaux des pays de la zone euro à même de l’argent inflationniste ne fait que reporter le problème de surproduction et de sous-consommation – de chômage aggravé – et d’endettement privé et public catastrophique – vers d’hypothétiques échéances qui ne sauraient tarder ni être évitées.

Demain, économistes pédants et politiciens effrontés viendront expliquer qu’il faut davantage de sacrifices de la part des citoyens (ATTAC demandera certainement l’audit-citoyen pour constater l’ampleur du désastre annoncé et inévitable); exiger moins de salaires et plus de productivité (les économistes patentés valideront certainement cette nécessité); réclamer moins de services publics afin de réduire les déficits gargantuesques conséquence de l’endettement croissant (la gauche proposera de se retrousser les manches pour le salut de la patrie); cautionner davantage de guerres spoliatrices-destructrices (comme en Ukraine, après la Syrie, la Libye, le Mali, l’Irak, l’Afghanistan, le Congo, le Soudan, la Serbie); et, finalement, réclamer plus de subventions et de dégrèvements fiscaux en faveur des entreprises en crise et des banques en déroute de manière à leur permettre de maintenir leur taux de plus-value (11).

Aucun mystère – que le difficile constat de leur incapacité

Oubliez le soi-disant «secret» de la compétitivité allemande dont on berce le sommeil des ouvriers européens et canadiens depuis des années. Leur secret est simple : les ouvriers allemands ont maintenu la compétitivité des trusts allemands au prix de leur santé, de leur équilibre mental, de leur vie familiale déglinguée et de leur esclavage salarié. Ce sont les mêmes sacrifices qui sont aujourd’hui imposés aux ouvriers américains pour ramener les usines dans leur pays, mais au prix de leur vie.

Ne nous méprenons pas, l’objectif du développement du système capitaliste n’est pas de produire de la richesse et d’assurer la vie et l’épanouissement des gens, pas même d’accumuler des profits astronomiques. De moins en moins de gens accumulent de plus en plus d’argent et de richesse et pourtant l’impérialisme est en crise parce qu’il atteint de moins en moins sa finalité de valorisation du capital – de sa reproduction élargie. L’objectif ultime du système capitaliste à son stade impérialiste de développement est, à travers cette prise de profits, d’assurer sa reproduction élargie. C’est la loi inaltérable du système qui le pousse à bousculer ses concurrents monopolistiques intercontinentaux afin de s’assurer de survivre et de prospérer : marche, accumule des profits, réinvestis ce capital constant (CC) et ce capital variable (CV) et assure un nouveau cycle de reproduction élargie; dans le cas contraire, péris et dépose ton bilan. Voilà la recette des entreprises monopolistes en expansion. La crise consiste en ce que les capitalistes ne parviennent plus à assurer ce cycle économique, ce pour quoi ce système existe et se reproduit (12).

Les marionnettes politiques, socialistes, libérales, conservatrices, UMP et lepénistes ne sont là que pour réguler cette transaction financière entre d’une part l’investisseur – le preneur de risque avec le capital public et avec les épargnes et les fonds de pension – et d’autre part les masses ouvrières besogneuses, purgées de tout pouvoir et vendant leur force de travail au plus offrant contre un salaire de moins en moins consistant et des impôts de plus en plus exorbitants. C’est à prendre ou à laisser, nulle échappatoire à l’intérieur de ce système, même pas l’espoir de rétablir les frontières nationales de façon à recréer un petit milieu d’exploitation capitalistique national patriotique à l’abri de la concurrence internationale.

Si les usines reviennent aux États-Unis ou dans tout autre pays c’est que le taux de profit y est rétabli à l’avantage du capital international. La situation ne pourra être que temporaire puisque la composition organique du capital recommencera à gruger la rentabilité relative et les conditions de reproduction de la plus-value à se détériorer.

Deux voies s’offrent aux ouvriers : suivre l’exemple des salariés étatsuniens et vendre leur force de travail en dessous du prix de revient (sous le seuil de reproduction élargie de leur vie), ou résister de toutes leurs forces, refuser les Traités de libre-échange et les pactes de productivité et renverser cet État policier et ce système économique moribond avant leur perdition (13).

_________________________________________


1. http://economieamericaine.blog.lemonde.fr/2012/10/26/pourquoi-lindustrie-americaine-se-desengage-de-leurope/
2. Paul Craig Roberts http://www.vigile.net/L-effondrement-de-l-economie
3. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-crise-economique-la-chine-l-110893
4. http://canempechepasnicolas.over-blog.com/article-le-pdg-de-psa-peugeot-citroen-annonce-la-fermeture-d-usines-en-europe-110604349.html
5. Rendement de 13% pour la Caisse de dépôt en 2013 attribuable à des rendements de 22,9% sur le marché boursier étatsunien (hautement spéculatif et volatile). http://quebec.huffingtonpost.ca/2014/02/26/rendement-caisse-depot-placement-quebec-2013_n_4858295.html
6. http://les7duquebec.org/7-au-front/afrique-le-continent-spolier/
7. L’économiste Michael Pettis a simplement découvert après les autres que la Chine était devenue l’atelier du monde développé dépendant et qu’elle avait adopté la stratégie de s’emparer de tous les marchés qu’elle le pouvait http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/le-rebalancement-de-leconomie-chinoise/
8. La faillite des régimes de retraite http://www.sauvegarde-retraites.org/article-retraite.php?n=258
9. La reproduction élargie de la force de travail d’un ouvrier comprend ce qui lui est personnellement nécessaire pour vivre, être soigné, s’éduquer, se divertir et vivre sa retraite en sécurité, mais aussi pour se reproduire, procréer, élever et faire éduquer ses enfants, les faire soigner et les préparer à devenir esclaves salariés.
10. http://les7duquebec.org/7-au-front/elections-americaines-2012-les-vrais-enjeux/
11. http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-polemique-sur-les-35-heures-125075
12. http://www.mecanopolis.org/?p=24488
13. http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_milliardaires_du_monde_en_2012 http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Schengen et Vincent Gouysse. (2012). 2011-2012 : Reprise de la crise. http://www.marxisme fr/reprise de la crise.htmLa Chine http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/le-rebalancement-de-leconomie-chinoise/





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