RECONSTRUIRE LE MOUVEMENT OUVRIER COMMUNISTE INTERNATIONAL

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RECONSTRUIRE LE MOUVEMENT OUVRIER COMMUNISTE INTERNATIONAL

Message par Admin le Dim 26 Jan - 15:19

robertbibeau@hotmail.com

23.01.2014

Nous vous invitons à une réflexion approfondie et à un débat urgent sur quelques concepts relatifs au socialisme scientifique tels que : «classe prolétarienne», «lutte de classe», «mouvement ouvrier», «spontanéisme», «économisme», «anarcho-syndicalisme», «perspectives révolutionnaires», «reconstruire les organisations ouvrières communistes».

Pour amorcer ces échanges nous vous proposons un extrait d’un volume récemment publié par un camarade communiste. Nous allons commenter ce texte dans la deuxième partie de ce manuscrit. Nous n’indiquons pas l’auteur car cela est sans importance. Ce qui compte ce sont les idées qu’il émet et qui soutiennent ou non l’action politique communiste. Nous avons souligné en gras les extraits qui suscitent nos commentaires.  DÉBUT DE TRANSCRIPTION :

«Si les partis politiques réformistes ouvriers bourgeois (que constituent le P"C"F, les trotskistes et aujourd'hui le Front de Gauche), ainsi que les syndicats de collaboration de classe se décomposent depuis une quarantaine d'années, et de façon encore accélérée ces dernières années, c’est qu’il existe une raison objective à ceci.

Comment ces champions du spontanéisme en sont-ils arrivés à un tel effondrement ? A cause de la trahison de principes ?  Non, car ils n’en ont jamais changé. Tout simplement à cause du déclin du mouvement spontané lui-même: dans un pays impérialiste en déclin, quand la bourgeoisie ne peut même plus concéder aux partis et aux syndicats réformistes les miettes pour corrompre le prolétariat et doit même revenir sur un nombre croissant de concessions passées, quand les dernières branches d’industrie déclinent et disparaissent, le prolétariat émietté et démoralisé, voit ses capacités de résistance brisées.  Aujourd’hui, les luttes émergeant du mouvement spontané sont très corporatistes, localisées et revêtent exclusivement un caractère économique.

Or rester sur ce terrain de l’économisme, c’est se condamner à rester le jouet du mouvement général de l’économie en déclin et donc à subir de plein fouet les échecs du mouvement spontané.  Dans le cadre de l’impérialisme agonisant, du déclin économique accéléré des vieux pays impérialistes, la lutte contre les délocalisations et leur corollaire de souffrances pour les travailleurs ne peut être placée que sous l’angle de la nécessité immédiate de la révolution socialiste, car même la réalisation de programmes réformistes de collaboration de classe est devenue chimérique. Hors de cela, il sera impossible de reconstruire le mouvement communiste qui est le seul à pouvoir donner aux peuples et aux exploités du globe la capacité de porter un coup décisif mortel au régime oppresseur que constitue le mode de production bourgeois. Le problème fondamental qui se pose aux communistes est qu’une domination révisionniste sans partage de plusieurs décennies a annihilé jusqu’aux références formelles du communisme et de la révolution socialiste auxquels l’immense majorité des exploités est donc hostile, ou qu’elle méconnaît totalement dans le "moins pire" des cas. La conscience sociale retarde effectivement sur l’être social, mais à un degré extrême.  L’immense majorité du prolétariat n’a absolument plus aucune conscience de classe prolétarienne: celle-ci est complètement petite-bourgeoise. C’est une réalité. Les marxistes-léninistes doivent donc faire leur propagande en terrain hostile. Si il y a un siècle, dans les sociétés capitalistes où le prolétariat était misérable, les aspirations au socialisme naissaient assez facilement dans sa conscience, de manière presque spontanée, en raison de la brutalité des conditions de l'esclavage salarié et de la concentration d'ouvriers au sein de grandes unités industrielles, il n'en va pas de même aujourd'hui, après qu'il ait vu, un demi-siècle durant, ses conditions de vie s'améliorer substantiellement et les monopoles disperser leurs chaines de production sur un territoire de plus en plus vaste et dans des unités de production distinctes, avec à la clef l'atomisation de la capacité de résistance et d'organisation du prolétariat industriel.

Sur ce terreau, ce sont naturellement les aspirations petite-bourgeoises qui dominent et persistent au plus profond de la conscience des hommes. Qu'un membre du prolétariat bourgeois des pays impérialistes dominants en vienne à voir disparaître ses "acquis sociaux", et il ne rêve plus que de les reconquérir ou de préserver le peu qui lui reste.  Ainsi, plutôt que de tourner son regard vers son avenir ─ lequel ne peut passer que par la destruction des rapports de production capitalistes ─, il tourne avec nostalgie son regard vers un passé qu'il se met à idéaliser...  Dans les conditions actuelles, les aspirations au socialisme vont donc à contre-courant et se heurtent à une très forte résistance latente au sein même des masses populaires, (…).  Et c'est pourquoi continuer à propager « les illusions réformistes (extension ou préservation des acquis sociaux, nationalisations, délocalisations, etc.) », alors même que celui-ci « est condamné », « ne fait que creuser le lit du fascisme et des guerres (inter-) impérialistes».

« La classe ouvrière ─ (…) ─, ne fera pas la révolution dans l’état actuel des choses. Émiettée, embourgeoisée par le pillage de pays dépendants, intoxiquée par des décennies de domination révisionniste, il est évident qu’il faudra qu’elle fasse sa propre expérience de la crise pour que nous remportions (si nous avons une ligne scientifique aujourd’hui !) une réelle influence sur les masses exploitées. Et encore, ce ne sera pas automatique, comme le prouve l’expérience russe, 20 ans après l’effondrement du social-impérialisme soviétique ! (...) Avec la crise économique actuelle, nous assistons à un tournant majeur de l’histoire. La question est : voulons-nous nous donner réellement les moyens d’influer sur ce qui se passe ? (...) Que les spontanéistes et les gauchistes petit-bourgeois (…)  la crise économique qui n’en est aujourd’hui qu’à ses balbutiements! ».

Aujourd'hui, les revendications réformistes revêtent un caractère particulièrement réactionnaire du seul fait qu'elles ne sont plus guère que l'apanage d'une fraction privilégiée d'un prolétariat bourgeois en pleine décomposition. Cette couche redoute de perdre ses derniers avantages et s'accroche avec l'énergie du désespoir à ce qui en reste encore, craignant notamment de voir ses postes de permanents syndicaux  à disparaître.

La tâche des communistes révolutionnaires n'est évidemment pas de contribuer à entretenir les illusions réformistes dans lesquelles la bourgeoisie maintient par mille moyens un prolétariat bourgeois en pleine décomposition, mais de mener une intense propagande visant à arracher les éléments avancés à cette influence réactionnaire.

Et cela ne peut être réalisé qu'en aidant ces éléments avancés à mettre en adéquation leur conscience sociale avec leur nouvelle existence sociale.  Une stratégie dont la mise en pratique est aussi difficile que son énonciation est facile, car elle nécessite de vaincre des préjugés petit-bourgeois très solidement ancrés, préjugés que les réformistes de tous poils s'entêtent d'ailleurs toujours à propager...  »   FIN DE CITATION.  

Nous amorçons nos commentaires par la fin du document en nous en tenant à des termes  spécifiques. Nous élargirons par la suite aux concepts et aux principes sous-jacents.


1) L’appartenance de classe d’un individu est déterminée par la façon qu’il obtient ses moyens de subsistance. Un individu travail contre salaire et produit de la plus-value = il est un  prolétaire. Un individu amasse une rente – s’accapare le surtravail des travailleurs = il est un capitaliste. Un permanent syndical de bas niveau est un salarié mais il n’est plus un prolétaire car il ne produit aucune plus-value. Un permanent syndical de haut niveau, engrangeant 1 ou 2 millions de dollars de revenu par année, place cet argent et perçoit des dividendes et une rente foncière pour ses loyers, etc. Cet individu ne produit plus de plus-value et il empoche des profits il est donc devenu un capitaliste. Camarade, un ouvrier bourgeois, un prolétaire bourgeois ou le prolétariat bourgeois ça n’existe pas.

2) Par contre, l’auteur a raison de mentionner que le prolétariat aliéné s’est fait inculquer et imposer des idées et des aspirations petite-bourgeoises. Mais il est anti marxiste de prétendre que  «L’immense majorité du prolétariat n’a absolument plus aucune conscience de classe prolétarienne: celle-ci est complètement petite-bourgeoise.». Ce qui signifierait que la conscience d’un individu peut être totalement détachée de sa pratique de classe – de sa vie quotidienne. L’ouvrier vivrait comme un ouvrier mais penserait exclusivement comme un bourgeois. Nous rejetons ce sophisme idéaliste petit-bourgeois.
3) Un prolétaire (non pas bourgeois, mais embourgeoisé dirions-nous. Il est en effet possible qu’un ouvrier soit influencé par certaines idées bourgeoises) qui voit  «disparaître ses "acquis sociaux" ne rêve plus que de les reconquérir», stimulé en cela par toute la couche des agitateurs révisionnistes anciens et nouveaux, les réformistes et les opportunistes qui lui présentent ce combat comme une fin en soi et la limite absolue de son combat de classe. La nuance est très importante car la bonne formulation nous permet de cibler la force sociale (la classe ou le segment de classe actif). Ici ce n’est pas le prolétariat-bourgeois (sic) qu’il faut stigmatiser et dénoncer mais la petite bourgeoisie infiltrée et qui s’est emparée de la direction du mouvement ouvrier. De toute manière les «acquis sociaux» est un concept petit-bourgeois réformiste. Cela n’existe pas en société capitaliste des «ACQUIS sociaux» pour la classe ouvrière. Quotidiennement notre classe doit mener bataille pour conserver ce qui lui appartient en propre, ou ce qui lui a été concédé chichement et de haute lutte par la bourgeoisie qui n’a de cesse que de le reprendre. Ceci inclut la nécessité de batailler pour forcer le capitaliste à respecter la convention collective qu’il a signé et qu’il tente d’outrepasser.  

4) Les masses exploitées et les masses populaires sont des concepts vagues, inappropriés,  dont on se demande pourquoi ils sont devenus si populaires parmi la gauche non prolétaire – particulièrement depuis 1970 parmi les révisionnistes maoïstes? Demandez-vous quelles classes sociales composent les masses populaires ? Si c’est la classe ouvrière alors pourquoi ne pas écrire les masses ouvrières ?  Quelle signification (en terme de lutte de classe) charrie ici les termes «populaire et peuple»? Quelles classes sociales composent les «classes populaires et le peuple des exploités» ? Un révolutionnaire non marxiste a même promulgué que «l’histoire de l’humanité, c’est l’histoire de la lutte des peuples pour leur liberté». Nous communistes, nous croyons que «l’histoire de l’humanité est l’histoire de la lutte de classe». Pourquoi un communiste n’utilise-t-il pas les expressions de classe ouvrière et de classe prolétarienne quand il écrit ou polémique sur ces sujets ? Il y a une raison à cela comme nous le verrons plus bas.

5) La remarque précédente nous permet d’introduire le point suivant. Le camarade constate que : «La conscience sociale (du prolétariat NDLR) retarde effectivement sur l’être social, mais à un degré extrême.». Il est indubitable que la conscience de classe, c’est ce que le camarade voulait sûrement signifier et qu’il aurait dû écrire – la conscience sociale naît de la pratique sociale et cela prend finalement la forme, chez l’ouvrier, de la conscience de classe ouvrière – ANTAGONISTE - OPPOSÉE (pourquoi écrivons-nous «opposée» ? Parce que la pratique sociale de l’ouvrier diffère de celle du capitaliste qui développe sa propre conscience de classe sociale (non pas sa conscience sociale). Il en est de même pour le petit-bourgeois – le lumpen prolétaire, le petit capitaliste agricole,  etc.); ANTAGONISTE et OPPOSÉE disions-nous à la conscience de classe des petits-bourgeois et de celle des capitalistes grands et petits. La pratique sociale de classe détermine la conscience et non l’inverse.

6) Le camarade avance davantage dans son raisonnement et constate que le prolétariat est tellement contaminé par des «idées petites-bourgeoises» qu’il a totalement renoncé  à ses intérêts de classe pour soi. À dessein nous n’écrivons pas que le prolétariat ait renoncé à ses intérêts économiques immédiats – en tant que classe en soi – c’est-à-dire que le prolétariat n’a heureusement jamais renoncé à la défense de son pouvoir d’achat, de son salaire, de son emploi, des services sociaux qui assurent la reproduction de sa force de travail. Le prolétariat n’a pas renoncé à la défense de son automobile – acheté à crédit – qui  est devenu avec l’étalement urbain et le travail féminin un instrument indispensable à l’exploitation du travail salarié (le camarade présente un long développement sur le thème de l’automobile présentée comme le modèle de la propriété petite-bourgeoise !?!?). Donc, le camarade note avec justesse que la classe ouvrière est depuis moult années : «intoxiquée par des décennies de domination révisionniste».

7) Le camarade observe la décomposition depuis une quarantaine d’années des organisations révisionnistes-réformistes-opportunistes et syndicales collaboratrices de classe et prétend en avoir identifié les «raisons objectives». Ces raisons objectives sont, dit-il, l’échec et la déconfiture du «spontanéisme déclinant et l’économisme corporatiste des luttes ouvrières localisées». Pour notre part, nous voyons d’un bon œil la décomposition de ces organisations révisionnistes, réformistes et opportunistes. C’est là une victoire pour la classe ouvrière qui ouvre la voie à l’implantation des communistes. Pourquoi s’en plaindre ?  Nous croyons cependant que ce phénomène de déliquescence de l’influence de ces organisations réformistes a pour motif objectif que la classe ouvrière soi-disant «inconsciente à l’extrême» est suffisamment consciente pour se rendre compte que les jérémiades et les «capitulations» réformistes ne mènent à rien comme le souligne le camarade «car même la réalisation de programmes réformistes de collaboration de classe est devenue chimérique». Le plus souvent ces luttes chimériques sont durement réprimées par l’État policier – le nouvel État-major de la classe capitaliste qui remplace peu à peu les anciens majordomes de l’État démocratique bourgeois obsolescent. La classe ouvrière, expérimentée en ce qui a trait aux trahisons du petit-bourgeois polisson qui s’est emparé de la direction de ses organisations, regarde et observe avant de s’engager dans une guerre de classe radicale. Pour l’instant, elle ne voit rien à l’horizon militant - et la faute en revient aux  communistes qui chacun défendent leur chapelle et leur secte plutôt que de s’unir sur la base des principes du marxisme-léninisme.  

8)L’exemple du prolétariat minier d’Afrique du Sud qui s’est doté de syndicats illégaux avant de déclencher une immense grève sauvage et courageuse, et qui a payé de 34 morts et de dizaines de blessés sur le champ de la guerre de classe, et dont les nouveaux chefs syndicaux sont  systématiquement assassinés par la machine bureaucratique syndicale héritée de l’ère Mandela, devrait faire réfléchir notre camarade sur le soi-disant état arriéré de la conscience de classe «en soi» de la classe ouvrière.

9) Il faut se rappeler qu’une idée, un concept, une idéologie ou une orientation politique militante sont  toujours l’émergence d’une classe sociale dans sa praxis. Il est également erroné de laisser entendre que la classe prolétarienne aspire «au socialisme qui nait  assez facilement dans sa conscience, de manière presque spontanée, en raison de la brutalité des conditions de l'esclavage salarié».  Marx et Lénine ont déjà expliqué que le socialisme scientifique (et la lutte victorieuse sur le front idéologique de la lutte de classe) sont apporté de l’extérieur de la classe ouvrière. Laissée à elle-même la classe prolétarienne en reste spontanément aux luttes et aux revendications sur le front économique de la lutte de classe, ce qui est déjà courageux, mais insuffisant. «L’extrême brutalité des conditions de l’esclavage salarié» au Bengladesh, au Pakistan, en Éthiopie, en Inde, en Chine, et qui sont de retour aux États-Unis, ne font pas du tout aspiré «au socialisme qui naît assez facilement dans (leur) conscience, de manière presque spontanée (…)». Nous communistes nous devrons l’y exporté-implanté. Mais encore faut-il que nous connaissions le socialisme scientifique et le marxisme-léninisme mieux que le curé ne connait son bréviaire et l’imam son Coran.  

10) La critique de Lénine des lignes politiques «spontanéiste» et «économiste» ne concernaient pas l’aspect spontané de certaines batailles de classe sur le front économique de la lutte de classe (grèves, occupations d’usines, manifestations). Depuis  la Commune jusqu’à nos jours la classe ouvrière a toujours mené des batailles spontanées pour de meilleurs salaires, de meilleurs conditions de travail, pour améliorer son pouvoir d’achat et contre les fermetures d’usines que le camarade qualifie dans son texte de «luttes émergeant du mouvement spontané (sont) très corporatistes, localisées et revêtent exclusivement un caractère économique». Camarade «spontanéisme» et «économisme» sont des pensées politiques issus du courant politique anarcho-syndicalistes petits-bourgeois qui plastronnent que la guerre de la classe ouvrière ne doit pas être planifiée, ni être organisée, mais plutôt suivre-le nez collé- la  spontanéité des larges masses populaires, (tiens donc, coïncidence, les larges masses populaires encore une fois!) et porter exclusivement sur des revendications économiques comme des hausses de salaires, la hausse du SMIC, des baisses de tarifs et l’obtention de meilleures conditions de travail. Les anarcho-syndicalistes, les anarchistes et les trotskystes recommandent de pousser toujours plus haut ces revendications économistes de façon que l’État bourgeois, incapable de les satisfaire, s’effondre spontanément. Les mouvements de Mai-68 en Europe, la lutte gréviste en Grèce et le Printemps arabe nous ont enseigné l’absurdité de ces chimères. La grève étudiante de 2012 au Québec a su échappé à ce piège «spontanéiste, économiste, opportuniste» et s’en tenir au slogan «Stoppons la hausse», refusant la surenchère anarcho-syndicaliste pour une  «université capitaliste au service de la classe ouvrière à l’intérieur de la société impérialiste décadente», et la grève étudiante fut victorieuse. Les fils et les filles d’ouvriers – qui formaient le gros du contingent militant – ont su spontanément nous démontré qu’ils pouvaient diriger correctement leur soulèvement spontané sur le front économique de la lutte de classe. Évidemment, l’évanescence des pseudos organisations communistes québécoises n’a nullement permis de porter très haut cette lutte sur le front politique, ni sur le font idéologique de la lutte de classe.  

11) Nous soumettons au camarade que les luttes de la classe ouvrière sur le front économique sont encourageantes, nécessaires et indispensables. Ces luttes constituent des écoles de formation à la guerre de classe. Il est faux de prétendre qu’à travers ces luttes (même en échec ou en demi-succès) «le prolétariat émietté et démoralisé, voit ses capacités de résistance brisées». C’est par cette amorce concrète, spontanée et imprescriptible, de résistance incessante au patronat et à son État policier, que nous pourrons démontré à notre classe la couardise des réformistes petits-bourgeois traitres et surtout l’insuffisance de ce  mode de lutte et la nécessité absolue du prolongement de la lutte de classe «pour soi», c’est-à-dire de la lutte sur le front politique pour la conquête totale du pouvoir d’État par le prolétariat. La lutte des bonnets rouges bretons nous a fourni une démonstration éclatante de la couardise et de l’infiltration de la petite bourgeoisie dans les organisations de la gauche française. Les petits-bourgeois «socialeux», qui dirigent une secte de gauche ou une autre, exigent que le prolétariat lui demande autorisation avant d’amorcer spontanément une bataille de résistance de classe. La réquisition de soutien déposée par les ouvriers auprès de la secte enclenchant un processus d’auscultation des antécédents des différents combattants, de leur passé militant, vérification si aucune organisation patronale ou politique de droite (imaginé que Le Pen appuie cette lutte ouvrière plus personne à gauche ne pourrait plus s’aboucher avec ces ouvriers contaminés)  ne  supporte également ce combat ce qui serait rédhibitoire et entrainerait le rejet de la réclamation d’opposition. Enfin, la «gauche  authentique» exige un droit de véto sur les slogans, les mots d’ordre et le parcours de la lutte de manière à ne pas se retrouver coincé entre l’État policier des riches et les partisans ouvriers incontrôlés qui pourraient, sait-on jamais, brisé des vitres, violentés, criés  des slogans sensibles comme «Mort aux capitalistes» et nous n’osons l’imaginer «Mort aux sionistes»… alors là, Dieu nous en préserve déclarait le gourou d’une clique, il faut vite retirer notre contingent de dix manifestants de manière à ne pas être associé à ce mouvement «fasciste rouge-brun». Car pour les sectes gauchistes ce n’est pas l’État policier qui est fascisant, mais la «classe ouvrière bourgeoise et spontanéiste et économiste».  Heureusement, les ouvriers bretons enragés n’ont rien à branler de ces spectateurs assis sur le côté de la chaussée, et ils ont poursuivi leur résistance à l’État policier qu’ils ont fait reculer.  Avec ou sans Le Pen dans les jambes à fureter pour glaner quelques votes électoralistes  bourgeois.

12) De ce qui précède il découle qu’il est utopique et dangereux, du point de vue tactique et du point de vue stratégique, de proclamer, comme le fait ci-haut le camarade, que «la lutte (…) des travailleurs ne peut être placée que sous l’angle de la nécessité immédiate de la révolution socialiste». La révolution socialiste est (l’angle (!)) de l’objectif ultime du combat, même si une partie du prolétariat ne l’accepte pas, comme le reconnaît d’ailleurs le camarade «annihilé jusqu’aux références formelles du communisme et de la révolution socialiste auxquels l’immense majorité des exploités est donc hostile, ou qu’elle méconnaît totalement dans le "moins pire" des cas».  Poser comme condition préalable au combat pour l’élévation de la conscience de classe «pour soi», et pour la conquête du socialisme, que la classe ouvrière ait déjà atteint le niveau de conscience révolutionnaire «pour soi» est un  paradoxe abscons.

13) Le combat qui confronte présentement les communistes se résume à ceci. Après quarante années d’agression systématique le mouvement révolutionnaire ouvrier anémié  est désorienté, divisé, parcellisé et dominé idéologiquement et politiquement par une coterie de bonzes, chefs de sectes et de cliques, issus directement du salmigondis petit-bourgeois des années 1970. Cette offensive a été mené par le segment petit-bourgeois de la classe bourgeoise – le segment qui côtoie quotidiennement la classe ouvrière et qui était à même, avec le soutien de l’État policier et des médias à la solde (propriétés des milliardaires commandeurs des biens pensants), de mener cette bataille pour infiltrer et s’emparer de la direction des organisations et annihiler complètement l’influence des communistes marxistes-léninistes parmi la classe ouvrière. La petite bourgeoisie a si bien réussie que pendant quelques décennies il était socialement convenue que Marx était mort, que la classe ouvrière n’existait plus, n’avait donc plus aucune idéologie, aucune théorie, aucune morale qui lui soit propre, ni aucune politique et donc aucune organisation politique de classe et qu’elle n’était pour rien dans l’économie, puisque de plus en plus les robots, l’informatique et les télécommunication  remplaçait tout doucement l’aristocratie ouvrière bourgeoise  (sic). Voilà comment on proclame la mort de son chien que l’on a préalablement accusé de la rage.

14) Des camarades s’incères se sont alors mis à compiler des statistiques afin de confirmer la déliquescence et l’imminente disparition physique de la classe ouvrière de la Terre toute entière. Le déni et l’outrage allant jusqu’à refuser d’utiliser les termes «classe ouvrière et classe prolétarienne» pour les remplacer par «Larges masses. Les masses populaires et citoyennes. Les classes populaires. Les classes moyennes.  Peuples et nations opprimées du monde unissez-vous».

15) Il est impératif et urgent que les communistes se réapproprient le marxisme-léninisme sans compromis, et réaffirment l’existence de la classe prolétarienne, de son autonomie idéologique, morale et politique, de son antagonisme absolue avec la classe capitaliste et avec tous ses sous-fifres, et de sa puissance en tant que classe sociale autonome et un jour dirigeante. Il est urgent que nous réaffirmions la mission historique de la classe prolétarienne qui est de renverser le mode de production et l’État capitaliste à leur stade impérialiste moderne et décadent afin d’ériger le socialisme sous la dictature temporaire du prolétariat. Il est impératif que nous réanimions l’idéologie scientifique socialiste, la méthode marxiste-léniniste, et l’approche matérialisme dialectique et historique et que nous barrions la route des organisations ouvrières  naissantes et à naître à la classe petite-bourgeoise et à son idéologie idéaliste, métaphysique, utopiste, nationaliste, réformiste, révisionniste ancienne et moderne, et néo-fasciste dégénérative.

16) Il est sain de lire les écrits des classiques du marxisme et d’étudier la théorie marxiste-léniniste mais cette activité est futile et malsaine si les camarades ne font pas l’effort impératif d’appliquer ces concepts, cette science, ces théories et cette méthode à l’analyse et à la compréhension des luttes de classe contemporaines afin d’y participer vaillamment et consciemment. Enfin, il est urgent que nous forgions notre unité communiste et de classe et que nous participions efficacement aux luttes ouvrières spontanées sur le front idéologique, juridique, militaire, politique, pour la défense des droits et des libertés (y compris la liberté d’opinion et d’expression), aux luttes économiques spontanées de notre classe et cela sans conditions préalables. C’est dans le cours de la lutte concrète – sur les barricades – que nous rétablirons l’hégémonie de la pensée communiste révolutionnaire au sein de notre classe en lutte. C’est ainsi que nous allons «reconstruire le mouvement communiste marxiste-léniniste » international que pour notre part nous appelons le Parti Ouvrier.

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Pour lire les analyses politiques marxistes-léninistes de Robert Bibeau, visitez : http://www.robertbibeau.ca/Palestine.html


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