Des origines de la crise systémique du capitalisme

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Des origines de la crise systémique du capitalisme

Message par Admin le Jeu 2 Juil - 0:40

Cet article a paru le 10.06.2015 sur http://www.les7duquebec.com/7-au-front/des-origines-de-la-crise-systemique-du-capitalisme/


La contradiction fondamentale du capitalisme étriqué



Quand le développement des moyens de production – comprenant les forces productives vivantes [le travail] – devient incompatible avec les rapports de production capitalistes (financiers, bancaires, monétaires, etc.) le mode de production tout entier est en danger de s’effondrer. Dans le Grundrisse, Marx a décrit ce postulat de la façon suivante :



« Dès que le travail sous sa forme immédiate [vivante et productrice de plus-value] a cessé d’être la source principale de [création de] la richesse [reproduction du capital], le temps de travail [nécessaire et surtravail] cesse et doit cesser d’être sa mesure [de la reproduction du capital] et la valeur d’échange cesse donc aussi d’être de la valeur d’usage. Ainsi, la production [le mode de production] basée sur la valeur d’échange [commerciale] s’effondre. » Plus loin, Marx ajoute « Dès lors, le procès de production cesse d’ être un procès de travail, au sens où le travail en constituerait l’ unité dominante. Aux nombreux points du système mécanique, le travail n’ apparaît plus comme être conscient, sous forme de quelques travailleurs vivants, éparpillés, soumis au processus d’ensemble de la machinerie, ils ne forment qu’un élément du système, dont l’unité ne réside pas dans le travailleur vivant, mais dans la machinerie vivante (active) qui par rapport à l’ activité isolée et insignifiante du travail vivant, apparaît comme un organisme gigantesque. » (K Marx. Grundrisse (1857). Chapitre 3, Le Capital, Édition 10/18, p.328.)



Que doit-on comprendre de cette loi de fonctionnement du mode de production capitaliste ? Ce mécanisme concret et objectif de délitement de la valeur d’échange des marchandises en générale et de la première marchandise entre toutes – la force de travail – entraîne la scission inévitable entre la marchandise fétiche – l’argent – et toutes les autres marchandises commercialisées qu’il est censé représenter.



Là exactement se trouve la source de tous les accès de fièvre financière – des crises successives – du mode de production capitaliste bancal. Là se trouve, à la phase impérialiste du capitalisme du moins, la manifestation profonde de la contradiction entre le capital marchandise [les moyens de production et d’échanges] et le travail marchandise [la force de travail vivante] qui perd peu à peu sa valeur d’échange et même son utilité matérielle, donc sa valeur d’usage. Attention toutefois, les robots, les machines, les ordinateurs, les puces, les logiciels qui doivent remplacer le travail vivant sont des moyens de production produits par le travail salarié vivant et ils contiennent une grande quantité de valeur marchande [ils sont dispendieux]. Ces machines de toute nature et de toute espèce sont du capital constant (Cc) qui rendent obsolète une partie – et une partie seulement – du travail vivant (Cv) le remplaçant par du travail mort ce qui amène une hausse de productivité du travail vivant (même s’il ne reste que quelques prolétaires dans l’usine) et entraîne une détérioration de la composition organique du capital Cv/Cc, donc, une baisse du taux global de plus-value et de profit.



Il faut bien réaliser le drame shakespearien qui se noue sous nos yeux. La source même de toute valeur marchande – de toute valeur d’échange -, le fondement même du mode de production capitaliste – la seule marchandise ayant le pouvoir de transmettre de la valeur aux autres marchandises – voit s’anémier sa valeur. La source de toute valeur [de toute richesse] se tarit et ne peut donc plus transmettre ce qu’elle ne possède plus en « valeur ajoutée », en « plus-value » non payée. Le capital scie la branche sur laquelle il s’est perché pour proclamer sa gloire et sa toute-puissance éternelles (sic).



Valeur d’usage et valeur d’échange



Sous le mode de production capitaliste, en phase impérialiste décadente, ce n’est pas la valeur d’usage qui détermine la valeur d’échange, mais l’inverse, c’est la valeur d’échange marchande qui attribue de la valeur d’usage à une marchandise quelconque (la condition étant que sa production entraîne la réalisation de plus-value). Pire, la contradiction entre le travail et le capital s’approfondit encore davantage puisque le capital réduit sa consommation globale – mondiale – de force de travail salarié vivante dont il est pourtant totalement dépendant pour sa valorisation-reproduction. Le capital est donc contraint d’intensifier l’extraction de plus-value relative et absolue de chaque heure de travail vivant consommée. Ce procès d’intensification de l’extraction – confiscation – de toujours plus de plus-value mène le capitalisme jusqu’à réduire le temps de travail nécessaire au-delà du minimum social requis pour sa reproduction physique élargie. Ainsi, par le processus même de son aliénation la force de travail ouvrière est menacée d’extinction. La concrétisation de cette contradiction fondamentale entre le capital et le travail entraîne le système à son autodestruction. La force de travail vivante – le prolétariat mondial – n’a alors plus aucune alternative, ou bien il dépérit petit à petit et disparaît emportant le capitalisme avec lui, ou alors il connaît un sursaut de vie insurrectionnelle prolétarienne, s’objecte à son sort abject, et engage la révolution prolétarienne socialiste.



Que vient faire la « financiarisation » dans ce processus de déperdition ?




Expliquons maintenant comment la financiarisation – l’inflation – la crédification – la monétarisation du processus de production – d’échange – de réalisation du capital est venue subsumer cette contradiction fondamentale et la porter à des sommets inégalés de décrépitude décadente.



Faute de grandes masses croissantes de valeurs d’usage à transformer en valeursmarchandes et à réaliser en valeurs financières (monnaie, actions, obligations, titres de créances, produits boursiers dérivés) – à valoriser en fait, afin de perpétuer le cycle économique de valorisation du capital – le système bancaire et financier mondialisé s’est mis à émettre de la fausse monnaie – du néant de valeur monétaire – « du crédit, créant du dépôt pour générer de nouveaux crédits » une débauche d’ajustement et de dérèglements financiers, monétaires et boursiers en cascades (1).



Examinons simplement quelques statistiques (Tableau 1) qui marquèrent la descente aux enfers d’une banque qui en 2008 a été sacrifiée, lors de la crise des « subprimes », pour donner l’exemple à toutes les autres banques, qui, de toute manière, ne pouvaient et ne pourront jamais faire autrement. C’est le mode de production qui ne peut plus remplir sa mission de reproduction élargie à la fois de la force de travail et du capital. Ces deux composantes fondamentales du mode de production capitaliste sont indissociables et l’extinction de l’une entraînera la disparition de l’autre. Du moment que le capital ne peut plus assurer la reproduction élargie de la force de travail qui lui donne vie, le MPC s’engage dans un cul-de-sac qui ne peut que lui faire perdre la confiance de la classe ouvrière et son appui et engendrer sa destruction. Nous venons d’identifier la première condition de l’insurrection prolétarienne mondiale.



Le tableau 1 montre bien que si en 2008, lors de la faillite de la Lehman Brothers, la situation financière mondiale était catastrophique, quatre ans plus tard (2012), elle avait empiré du point de vue financier. La finance n’est que le reflet bancaire et monétaire de la réalité économique globale de l’économie nationale et internationale. Convenons toutefois qu’il ne pouvait en être autrement de par la loi de la dépréciation de la valeur marchande de la force de travail vivante créatrice de toute plus-value et de tout profit capitaliste.



Tableau 1 Voir le tableau 1 ici http://www.les7duquebec.com/7-au-front/des-origines-de-la-crise-systemique-du-capitalisme/


2008 2012
Volume des produits dérivés négociés hors cote en milliards de dollars (US) 516 000 milliards de dollars 708 000 milliards de dollars
Endettement des pays de l’OCDE (pays riches) 75% 105%
Déficit des pays de l’OCDE en% de leur PIB 3,5% 5,5%
Effet de levier de crédit des banques « trop grosses pour faire faillite » (sic) 31 pour Lehman Brothers De 13 à 85
Bilans des banques centrales Fed et BCE (créances pourries échangées contre de l’argent du néant) 900 milliards $ 1 400 MM euros 3 000 milliards $ 3 000 MM euros
Taux de croissance des pays de l’OCDE 0,5 -0,1
Taux de croissance mondiale 2,7 3,2
Taux de chômage des pays de l’OCDE 5,9 8
Réserves de change mondiales 4 000 milliards $ 11 200 milliards $
Réserves de change de la Chine 1 900 milliards $ 3 500 milliards $

Source: The Wall Street Journal, « Crise financière : leçon d’un sauvetage, un drame en cinq actes »



Faisons davantage de ce qui ne peut pas fonctionner



Et voici que des fumistes, des opportunistes, des réformistes, des gauchistes bourgeois qui souhaitent sauvegarder le mode de production capitaliste, suggèrent de faire davantage de ce qui ne marche pas pour remettre le patient sur pied et prolonger son agonie à l’infini. Lisez ceci :



« La nouvelle banque de développement des BRICS n’est pas une alternative au FMI et à la Banque mondiale (BM), mais un complément, car elle répond aux défis qui ont été ignorés par les institutions financières internationales. Le FMI n’a fait que travailler dans l’intérêt des spéculateurs et les énormes quantités de dollars, d’euros, de livres et de yens sortant des planches à billets arrivent aujourd’hui par vagues dans les pays des BRICS, déstabilisant leurs économies. Il est par conséquent nécessaire pour les BRICS de développer leurs propres institutions financières, pour financer des projets de développement à long terme. Faisant partie de ce nouveau système (sic), il y a le Système de réserve en devise, qui prend essentiellement en compte les leçons de la crise de 1997 en Asie, au cours de laquelle les devises des pays asiatiques ont chuté, à cause de la spéculation, de 80 % en une seule semaine. Il répond également aux attaques vicieuses lancées récemment par les fonds spéculatifs à l’encontre des pays d’Amérique latine » et l’analyste financière d’ajouter « Ce système parallèle pourrait bien devenir très rapidement la bouée de sauvetage suite à l’effondrement du système financier transatlantique : car un krach pourrait survenir à tout moment, plus gros que celui de 2008, qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. Un tel krach pourrait être provoqué par le « Grexit », l’expulsion de la Grèce de l’euro par le FMI et la Troïka. Tout le système bancaire européen et probablement américain s’effondrerait dans la foulée ; un tel krach pourrait aussi être provoqué par la faillite de l’Ukraine ; ou par une simple explosion de la bulle des produits dérivés qui se monte actuellement à 2 millions de milliards de dollars, une somme qui ne pourra jamais être payée. » (2)



En vertu des lois objectives de l’économie politique capitaliste, en phase impérialiste, c’est-à-dire en phase d’économie politique globalisée, interreliée et mondialement intégrée, une moitié des continents ne peut s’effondrer sous le poids de ses contradictions économiques alors que l’autre moitié prospère. Les fonds d’investissement, les banques, les institutions internationales les entreprises multinationales des pays du BRICS seront entraînées par le fond en même temps que celles de l’autre alliance impérialiste atlantique régit par les mêmes lois d’économie politique. Des rencontres au sommet de la pyramide décrépie de l’impérialisme financier se tiendront bientôt qui scelleront le sort de la finance internationale dans sa cavalcade vers sa débandade mondiale (3). Nous avons depuis longtemps déjà prédit la dévaluation drastique des monnaies mondiales flouant ainsi les capitalistes créditeurs et les capitalistes débiteurs et les millions de petits épargnants. Voici que cette perspective cataclysmique se rapproche.



Une troisième guerre mondiale finira par se présenter comme l’unique alternative à ces contradictions économiques insolubles. Détruire des forces productives, des moyens de production, des marchandises en surplus (relatifs) deviendra l’unique solution que la mécanique du système impérialiste concurrentiel saura imposer aux plénipotentiaires de service (sous-fifres politiques et financiers déjantés) (4).



Les communistes finiront bien par comprendre que la classe prolétarienne n’a que faire de leurs querelles de chapelles grégaires – sectaires – dogmatiques (5).



_____________________________



(1) https://www.youtube.com/watch?v=efIiQtfR7BI

(2) http://www.solidariteetprogres.org/zepp-larouche-lima-nouvelle-route-de-la-soie.html

(3) http://www.infowars.com/secret-meeting-in-london-to-end-cash/

(4) http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/usa-otan-et-la-guerre-nucleaire/

(5) http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520



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