DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE À LA SECONDE GUERRE MONDIALE (2)

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DE LA RÉVOLUTION D’OCTOBRE À LA SECONDE GUERRE MONDIALE (2)

Message par Admin le Jeu 2 Juil - 0:29

Article paru le 27.05.2015 sur : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/206279/



La semaine dernière nous avons traité de la Révolution d’octobre en Russie. Le texte est disponible à l’adresse URL : http://www.les7duquebec.com/7-au-front/de-la-revolution-doctobre-a-la-seconde-guerre-mondiale/ Cette semaine nous traiteront de l’avant et de l’après Seconde Guerre mondiale.



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11) Le Parti bolchevique, à travers le contrôle légal qu’il exerçait sur l’appareil d’État soviétique devint le principal véhicule d’ascension sociale et d’édification de la classe bourgeoise bureaucratique totalitaire de toutes les Russies. C’est à travers le Parti, et à travers l’État contrôlé par le Parti, que s’édifia la superstructure de classe bourgeoise indispensable à la construction du mode de production et d’échange capitaliste (MPC) en Union Soviétique, en même temps que cette édification créait les bases matérielles nécessaires à cette classe en consolidation. Cette classe affichera ouvertement son pouvoir à différentes étapes du développement historique du capitalisme en URSS. D’abord, lors de l’imposition de la Nouvelle Économie Politique (NEP- 1921), puis au moment de la « désoviétisation » de l’URSS (les Soviets étant transformés en coquilles vides démunies de tout pouvoir). Ensuite, dans la préparation du pays à l’affrontement mondial dont fit partie le processus de « bolchevisation » des organisations communistes nationales et internationales. Ce fut ensuite la révolte de palais organisée par la clique entourant Khrouchtchev, leur porte-parole. Ce « coup d’État », solidement soutenu par la bourgeoisie au sein du Parti, se fit sans que le PC(b) ne bronche. Puis l’aboutissement de cette descente aux enfers marqua la liquidation définitive de l’ordre légal totalitaire « soviétique » orchestré par Gorbatchev, porte-parole des apparatchiks du Parti installés au pouvoir d’État et empressés de s’emparer privément des moyens de production et d’échanges publics. Malgré l’évidence de ces évidences observables pour qui a des yeux pour voir, la « bolchevisation »(qui débuta à la fin des années vingt), et sa chape de plomb eurent raison de toute dissension dans les organisations communistes, même parmi l’Opposition. Plus tard, les maoïstes à Pékin et les « Hodjistes » à Tirana furent incapables de comprendre les fondements profonds de la révolte de palais Khrouchtchévienne et de ses suites jusqu’à la dégénérescence « Gorbatchevienne » qui les emporta eux aussi.



12) Pire, une grande partie des énergies de la Gauche communiste d’opposition, des années vingt jusqu’à nos jours, sont dilapidées à s’entredéchirer et à s’excommunier mutuellement. Pourquoi le prolétariat internationaliste s’arrimerait-il à ces esquifs à la dérive s’écorchant sur des récifs idéologiques fumistes ou utopistes bien loin du marxisme dialectique ?



13) La « bolchevisation » du PC(b), de l’Internationale communiste et des partis communistes fut la réponse de la nouvelle bourgeoisie d’État soviétique à l’agression économique, politique et idéologique qu’elle subissait de la part des bourgeoisies capitalistes environnantes et concurrentes : » Comme le montre fort bien Arthur Koestler dans Le zéro et l’infini, la dialectique des épurations successives a été sous-tendue par le fait que le Parti et La Patrie du socialisme, l’URSS, étaient entourés d’ennemis. Il fallait donner l’impression d’une forteresse assiégée pour consolider la ‘foi’ dans le Parti et créer la nostalgie d’une communauté perdue : un patriotisme d’organisation. Cette fiction a bien marché puisque beaucoup d’opposants se sont dénoncés, ont fait leur autocritique ou ont signé des ‘aveux’ pour défendre le parti. Mais ce qui est assez incroyable, c’est que la tactique qui a fonctionné parfaitement au sein des partis communistes stalinisés de l’entre-deux-guerres a tendance à se perpétuer facilement dans les organisations révolutionnaires aujourd’hui » (1). Nous ajouterions quand à nous que la vague des organisations marxistes-léninistes et maoïstes qui a surgi pendant la crise économique systémique des années soixante-dix sombra elle aussi dans le salmigondis de la « bolchevisation » (comme l’appel les camarades français), dans la Cour des Miracles du sectarisme, du communalisme et du dogmatisme que Lénine avait pourtant vertement critiqué : » Il est du devoir des militants communistes de vérifier par eux-mêmes les résolutions des instances supérieures du Parti. Celui qui, en politique, croit sur parole est un indécrottable idiot « . (Lénine cité dans Conception du chef génial. Internationalisme, no 25, 1947.) (2)



14) L’organisation prolétarienne révolutionnaire repose sur la nécessité et le devoir du débat économique, politique et idéologique au sein des organisations et sur le droit de fraction comme l’écrivent les camarades de la Gauche communiste : » Toute l’histoire du mouvement ouvrier, et ses moments les plus riches nous en apportent la preuve, n’a été qu’une continuelle confrontation de groupes et de tendances. » (3) L’organisation prolétarienne révolutionnaire n’est pas, et ne peut pas être, une organisation de masse comprenant des centaines de milliers de membres alors que sévit la toute-puissance du totalitarisme capitalisme monopoliste d’État. Quand l’économie capitaliste connaît des regains de prospérité relative – le mouvement révolutionnaire prolétarien connaît des replis significatifs. Quand l’économie capitaliste monopoliste d’État connaît des poussées de crise systémique, le mouvement révolutionnaire prolétarien connaît des montées de fièvre révolutionnaire importantes. Il est alors à souhaiter que les organisations prolétariennes révolutionnaires parviennent à se hisser à la hauteur idéologique et politique de la mission historique de la classe qu’elles sont censée dirigée.



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15) En 1945, la victoire de l’économie politique et militaire capitaliste monopoliste d’État soviétique (totalitaire), contre l’économie politique et militaire impérialiste germanique (totalitaire), ne transformera pas pour autant cette Seconde Guerre meurtrière en une guerre ouvrière pour la défense de la « patrie » des prolétaires. Le prolétariat n’a pas de « patrie », il n’a que de ses chaînes à se défaire, notamment ses chaînes « patriotiques et nationalistes ». Du point de vue de l’empire de toutes les Russies, le Parti « national » bolchevique avait raison d’appeler ce conflit la Grande Guerre Patriotique Multinationale car ce combat n’était pas la bataille du prolétariat soviétique internationaliste (en constitution dans les usines d’état monopolistes sous les mots d’ordre productivistes et stakhanovistes). Ce conflit était celui de la résistance des peuples soviétiques multinationaux luttant avec acharnement pour conserver leur nouvel État-nation industrialisé et modernisé, créer en accéléré par des « communistes » désorientés. Une étape nécessaire et incontournable pour la préparation de la révolution prolétarienne à venir quand les prolétaires seront massivement majoritaires.



16) Du point de vue marxiste prolétarien, la guerre civile nationaliste-patriotique de la 2e République bourgeoise espagnole a constitué le prélude à la Grande Guerre Patriotique Soviétique de 1941. En 1936, ce sont les soldats nationalistes patriotiques espagnols, dirigés par Franco, qui assassinèrent leurs frères de classe républicains nationalistes-patriotiques soutenus par les puissances impérialistes de l’Ouest (comprenant l’URSS). Ce furent les troupes républicaines du Gouvernement bourgeois de Madrid qui exterminèrent leurs frères de classe qui étaient soutenus par les puissances impérialistes de l’Axe. Le mouvement ouvrier mondial était alors trois ans avant le Traité de non-agression germano-soviétique (1939 – un premier retournement des alliances) et cinq ans avant l’Opération Barberousse (1941 – et un second retournement des alliances); sept ans avant la dissolution de l’Internationale communiste (1943) et neuf ans avant les accords impérialistes de Yalta et de Potsdam (1945) et le partage du monde entre puissances impérialistes triomphantes et toujours concurrentes – ce que formalisera la Guerre froide interimpérialiste par la suite. Autant d’événements économiques, politico-militaires, diplomatiques ne contribuant en rien à la révolution prolétarienne quoiqu’en disent les exégètes du stalinisme (4).



17) Après les accords impérialistes de Yalta et de Potsdam (1945), l’empire de toutes les Russies s’étendra encore davantage, jusqu’aux portes de l’Adriatique, vers l’Elbe, vers la Baltique, sur une partie de la Finlande et sur les îles Kouriles après l’entrée en guerre non provoquée contre l’impérialisme japonais (5). Nous savons maintenant ce qu’il adviendra de ces conquêtes éphémères pour l’empire russo- soviétique. Dès 1989, l’anachronique Mur de Berlin sera détruit, symbole de la déchéance de cette alliance économique branlante (Comecon 1949-1991) empêtrée dans ses contradictions économiques d’abord, politiques, sociales, diplomatiques et militaires ensuite. Chacun devrait conclure que le capitalisme monopoliste d’État soviétique s’est avéré moins efficient – moins productiviste – moins aptes à valoriser et à faire circuler le capital en accéléré, moins capable de produire de la plus-value que l’accomplit le capitalisme monopoliste « libéral » financiarisé, globalisé et mondialisé. La preuve économique étant faite l’effondrement de l’État monopoliste soviétique et de ses satellites en sanctionna le verdict (6).



18) Toutefois, aussi tôt qu’en 2008, la variante soi-disant « libérale » des rapports de production capitalistes en phase impérialiste connaîtra une secousse sismique d’envergure internationale qui ne sera que les prémices de plus grandes à venir. Cet effondrement inéluctable sera cependant infiniment plus catastrophique, car ce mode de production décadent est au terme de sa déchéance et ne peut envisager sa survie temporaire qu’à travers une guerre thermonucléaire.



19) La Seconde Guerre mondiale fut la réponse du mode de production capitaliste à la crise économique de 1929, tout comme la Première Grande Guerre mondiale avait été la réponse du mode de production capitaliste à la crise économique de la fin du XIXe siècle. Sous le mode de production capitaliste (MPC) une guerre n’est jamais fondamentalement idéologique, ethnique, raciale, religieuse, morale, sociale, nationale. Sous le mode de production capitaliste, une guerre est toujours le résultat des contradictions économiques profondes qui se répercutent dans les rapports de production des classes sociales antagonistes. C’est alors que ces guerres prennent des apparences de conflits ethniques, culturels, religieux, moraux, sociaux et nationalistes.



La semaine prochaine: De la Seconde Guerre mondiale à la prochaine inévitable





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