LA DOUBLE PENSÉE DE CHOMSKY

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LA DOUBLE PENSÉE DE CHOMSKY

Message par Admin le Lun 29 Sep - 14:46


Le « Tea Party » la tête de turc de Noam Chomsky, le Bobo

Aux États-Unis un mouvement populiste appelé « Tea Party » reflète l’esprit de désillusion qui frappe le peuple américain. L’extrémisme antifiscal de l’organisation « Tea Party » se double d’une critique acerbe contre l’État fédéral coupable de dépenses affreuses comme l’assistance sociale, Medicare (services de santé gratuits pour les plus démunis), l’enseignement universitaire pour tout un chacun, etc.. Par ailleurs, le « Tea Party » n’a rien à redire à propos du gaspillage (en autant que les ouvriers sont concernés) annuel de 900 milliards en dépenses militaires.

La Californie est un exemple dramatique. Le plus grand système public d’éducation supérieure au monde est en voie de démantèlement. Le gouverneur Arnold Schwarzenegger (en 2010 Arnold était aux commandes) dit qu’il doit éliminer les programmes étatiques de santé, de bienfaisance et d’éducation à moins que le gouvernement fédéral ne lui accorde environ 7.000 millions de dollars. D’autres gouverneurs se joignent à lui pour réclamer toujours davantage de crédits fédéraux. Pendant ce temps, un mouvement petit-bourgeois milite pour les droits des états et demande que le gouvernement fédéral ne se mêle pas de leurs affaires.

Le pseudo paradoxe solipsiste de Noam

Cette apparente contradiction fait dire à Noam Chomsky que : « Voilà un bon exemple de ce qu’Orwell a appelé « la double pensée » : la capacité d’un esprit de nourrir deux idées contradictoires alors qu’il croit aux deux, pratiquement une devise pour notre temps ». Noam Chomsky d’ajouter : « Encourager le sentiment antifiscal est une caractéristique de la propagande patronale dans tous les pays d’Occident. Les gens doivent être endoctrinés pour détester et pour craindre le gouvernement pour de bonnes raisons : des systèmes existants de pouvoir, le gouvernement (l’État) est le seul qui en principe, et parfois en pratique, répond au public et peut restreindre les gâchis du pouvoir privé. ». Le docteur Chomsky appelle ce processus d’endoctrinement « produire du consentement ». Ce n’est là que fumisterie à la Chomsky dont les bobos sont ravis. L’État des riches (fédéral, provincial, régional, municipal) n’a jamais eu vocation de restreindre le «gâchis» du pouvoir privé.

Contrairement à Chomsky nous pensons qu’il ne s’agit pas vraiment d’une contradiction ni d’une double pensée. Premièrement, il n’y a pas de contradiction entre le pouvoir public et le pouvoir privé, ces ordres de pouvoir n’ont pas une fonction différente. Il y a complémentarité entre ces deux instances du pouvoir des riches. Le pouvoir public doit, entre autres, assurer la reproduction de la force de travail en fonction des besoins du pouvoir privé. Ainsi, aux États-Unis où la structure industrielle est en déliquescence parce que les financiers et les monopolistes délocalisent la production industrielle vers les pays du tiers monde, il est de plus en plus inutile de produire et de reproduire des ouvriers hautement spécialisés. Pour assurer les services tertiaires chez McDonald et chez Burger King, l’entretien des édifices, les transports, et pour fournir des « associés » chez Wall Mart et aux chaînes de distribution, une formation primaire, au mieux secondaire, suffit. Pour les services quaternaires dans les banques, à la bourse, aux finances, dans les assurances et les services fiscaux de l’État, en marketing et pour les communications, une formation universitaire de premier cycle est suffisante, ce sont ces facultés universitaires qui sont privilégiées et les études doctorales deviennent de plus en plus inutiles, la recherche fondamentale est sclérosée. De plus en plus, l’université américaine n’assure que l’apprentissage des concepts éculés et approuvés.

Le pouvoir de l’État complète et assure le profit maximum au pouvoir privé. Parfois l’État doit départager les intérêts divergents de différentes factions du capital. Ainsi, la montée du capital financier spéculatif a entraîné le renchérissement de l’argent ce qui n’a pas plu au secteur industriel qui n’arrivait plus à financer son développement. Malgré cela, l’État américain maintient son soutien au capital financier hégémonique. Le krach immobilier (2008) a failli emporter le secteur financier que l’État s’est empressé de renflouer, mais il n’a pas renfloué le secteur de la construction domiciliaire qui ne s’est pas encore remis de l’effondrement du marché et de la raréfaction du crédit facile et peu coûteux. Par contre, l’État américain n’a pas hésité à lancer des guerres coûteuses et meurtrières pour assurer le contrôle de l’industrie du pétrole sur certaines réserves convoitées. À chaque fois, l’État tranche en faveur d’un secteur ou d’un autre du capital monopoliste, c’est là un de ses rôles historiques. Tout ceci crée des contradictions dans le camp ennemi.

Deuxièmement, des mouvements de protestation sont mis sur pied et financés par les églises évangélistes, par des ONG, par les syndicats, par la go-gauche et par d’autres magouilleurs écologistes et altermondialistes et des organismes « populaires » patentés à la solde des riches afin de tromper la population en colère et la détourner d’une révolte efficace identifiant correctement les véritables responsables, mais surtout les causes de leur vie de chômage et de misère. C’est dans cette sphère que s’agite Noam le contestataire (sic).

Un même rejet de l’État mais pour de multiples raisons

Ce ne sont pas les mêmes couches de la population qui défendent l’une ou l’autre des multiples pensées contradictoires que stigmatise monsieur Chomsky. Les pauvres dénoncent le gouvernement fédéral qui ose, en pleine crise économique, réduire les programmes sociaux. La pseudo classe moyenne (amalgame de petits-bourgeois en cours de paupérisation, des professionnels, de petits cadres, des universitaires biens pensants, des bureaucrates syndicaux biens payés et des petits commerçants, des politiciens véreux), dénonce le gouvernement fédéral d’être omniprésent dans la vie publique, de mal géré l’argent de leur taxe et de dépenser à tors et à travers, y compris pour aider les pauvres. Les politiciens régionaux voudraient plus d’argent du fédéral et moins de contrôle sur les subventions aux entreprises. Les riches critiquent l’État de ne pas détourner suffisamment d’argent de ses coffres vers le soutien au secteur financier et militaire et de trop dépenser en assistance sociale, Medicare, éducation, services publics et même pour combattre la pollution.

La loi d’assurance profit des compagnies d’assurance

Et tous s’entendent pour critiquer l’État fédéral pour sa mauvaise gestion des programmes et pour ses politiques de compromis. Prenons l’exemple de la nouvelle loi d’assurance maladie qu’affectionne tant Chomsky. Elle ne sera ni étatique, ni privé, mais un compromis coûteux où les entreprises privées d’assurance pourront récolter le pactole de tous ces assurés qui viendront grossir les rangs de sa clientèle et où les travailleurs et employés devront s’assurer à fort prix qu’ils en aient ou non les moyens. Pour couronner le tout, l’État fédéral injectera des milliards supplémentaires dans ce trou sans fond pour garantir le risque que constitueront les pauvres incapables de payer les primes exorbitantes. Notez que les pauvres et les travailleurs des petites entreprises seront assurés, mais ils n’auront pas davantage accès aux soins de santé, les urgences étant déjà engorgées. Voilà pourquoi les riches comme les pauvres dénoncent cette réforme qui coûtera cher et ne règlera rien des problèmes d’accès aux médicaments et aux soins de santé.

Ce n’est pas « la double pensée » que de reconnaître les paradoxes d’un système économique et social érigé au bénéfice d’une classe de riches que le peuple américain est las de subventionner de ses taxes et de ses impôts, mais ne comptez pas sur les médias américains pour aider la population à mieux comprendre les enjeux et à mieux organiser sa riposte et ne comptez pas sur le héros des Bobos pour démasquer l’État des riches.



A LIRE EN COMPLÉMENT : MANIFESTE DU PARTI OUVRIER (2014)

http://www.publibook.com/librairie/livre.php?isbn=9782924312520

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